Juin 26

La francophonie se porterait plutôt bien

Trio francophone

Bourges-Diouf-Yvan

Le 19 mai 2014, l’émission d’Yvan Amar, la danse des mots, avait comme invité, Monsieur Hervé Bourges, qu’on ne présente pas. C’est une icône du paysage médiatique français, un amoureux invétéré et utilisateur raffiné de la langue française, mais aussi un avocat, engagé, éloquent, et infatigable de la francophonie.

 

A la danse des mots, il était venu parler de son livre « Pardon my french », qu’il vient de publier chez Karthala. Ce titre « Pardonnez mon français », est la transcription d’une expression largement utilisée par les américains quand ils veulent ironiser, ou se moquer des français.

 

Au cours de l’émission, Monsieur Bourges n’a pas été seulement rassurant sur la situation actuelle de la langue française, mais aussi, grandement optimiste pour l’avenir de la francophonie, pour le rayonnement de laquelle il formule un certain nombre de propositions à mettre en œuvre.

Pour ce qui est du français, il dit qu’il se porte très bien, en minimisant la menace des anglicismes qui, selon lui, ne dépasseraient pas les 700 mots, au moment où la langue de sa majesté en compterait dix-sept mille.

 

Au même moment, il trouve inadmissible qu’on ne puisse pas trouver des mots français, qui expriment fidèlement ce que certains tiennent à formuler en un anglais pas toujours bon, rien que pour ‘’faire moderne’’.

 

Il s’insurge contre le fait que certains conseils d’administration, sans raison valable, se déroulent à Paris, mais en anglais. Dans ce cadre, il pense qu’il est du devoir de l’Etat français d’intervenir, son rôle étant de protéger cette langue que la constitution de la République consacre comme la langue des français. Il se défend, toutefois, d’être contre la langue anglaise. Il faut, dit-il, apprendre toutes les langues, mais l’opinion dominante que l’anglais va supplanter toutes les langues n’est pas fondée. Le français est, par exemple, au même titre que l’anglais, la langue de secrétariat des nations unies.

 

Au contraire, il pense que l’anglais sera dépassé, dans un avenir pas lointain,  par le mandarin, que l’espagnol reprend de la place surtout en Amérique, au moment où le français passerait de plus de 250 ou 300 millions de locuteurs actuellement, à un milliard de francophones à l’horizon 2050. L’essentiel de ce dernier nombre (9 sur 10) se situerait en Afrique, ‘’favorisé’’ par la croissance démographique galopante.

 

Il ajoute que, contrairement à une idée répandue dans le passé, la langue française n’est plus considérée par les élites comme une langue de colonisation, mais plutôt un butin de guerre que les anciens colonisés devraient capitaliser.

 

Selon lui, les spécialistes prévoient, dans un avenir proche, la disparition de plus de 3000 langues. Particulièrement celles qui véhiculent des civilisations et des cultures. A ceux qui prétendent que le français est une langue vieillissante ou morte, il répond, avec argumentation, qu’ils se trompent largement.

 

Pour l’auteur, si l’Académie française a accompli des signes positifs louables par l’entrée de femmes à l’Académie, ainsi que d’écrivains  non français comme le haïtien Dany Laferrière, il reste encore des efforts conséquents à faire. Dans ce cadre, il propose la création d’une académie de la francophonie qui prendrait en compte les apports des francophones, et qui lui semblent de nature à enrichir la langue française.

 

Il propose, entre autres, l’organisation de festivités annuelles et périodiques dans tous les Etats de la francophonie, et l’instauration d’un visa de la francophonie.

 

Dans ce même ordre d’idées, M. Bourges considère que Monsieur Abdou Diouf, actuel Secrétaire Général de l’OIF (organisation internationale de la francophonie), a formulé de bonnes propositions dans ce sens. Comme M. Diouf, après trois mandats successifs, a décidé de ne pas se représenter, M. Bourges souhaite qu’il soit relayé à la tête de l’OIF par quelqu’un qui a la même maturité politique, et la vision ambitieuse pour la francophonie, que celles qui caractérisent le Secrétaire Général sortant.

 

L’entretien, particulièrement instructif, de M. Bourges avec Yvan Amar peut être écouté ici sur rfi.fr, et le document vidéo ci-dessous, donne une idée des grandes lignes de « Pardon my  french ». Le livre mérite bien d’être lu.

1 ping

  1. […] L’effort remarquable de cette Speakerine, aurait donné plus d’arguments à Hervé Bourges, pour étayer son assertion « Le Français, un enjeu du XXI ème siècle , dans son livre, publié chez Karthala, sous le titre Pardon my French, et auquel j’avais consacré un modeste billet. […]

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