Juin 15

La vantardise de l’araignée-paon

araignee-turquoise

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J’ai parfois du mal à dissimuler la gêne que j’éprouve, quand je rentre dans des conciliabules en vue de convaincre les enfants, pour qu’ils me libèrent le téléviseur pour suivre le journal télévisé, ou l’une des émissions informatives ou de débats instructifs. J’ai beau insister, mais rien à faire. Ils restent plongés dans l’écran à s’y coller le nez, pour vibrer et tressaillir avec leurs émissions préférées.

Un soir récent, après avoir épuisé à la fois mon talent de diplomate, et mon ascendant parental, je me résignais à m’installer près d’eux et essayer de lire quelques passages de « Le passé d’une discorde » de Michel Abitbol, dans l’espoir de pouvoir comprendre les origines de ce qui se passe, et ce qui ne passe pas, entre Israéliens et Palestiniens.
Je savais pertinemment qu’il était difficile de se concentrer sur un tel ouvrage, et un sujet aussi complexe, à côté d’enfants survoltés. Et effectivement, je me suis surpris en train de suivre, avec les enfants, du coin de l’œil, le célèbre SPIDERMAN. Le comble, c’est que petit à petit, j’y prenais goût.
Pour tout confesser, vous devez savoir que lorsque j’étais en âge de suivre les émissions pour enfants, les téléviseurs, antennes, et autre électricité n’étaient pas encore arrivés chez nous : je suivais les dromadaires. J’ai donc du rattrapage à faire. Mais, je dois rester discret, combler les déficits sans montrer un grand intérêt aux jeux. Le contraire serait vu comme enfantin, puéril, juvénile, dans le milieu social qui est le mien, où il ne m’est pas du tout permis d’être pris en flagrant « délire » de me divertir avec mes peu choyés héritiers.
Soudain, le fameux SPIDER (c’est comme ça qu’ils le dorlotent, les enfants), fit une voltige qui mérite qu’on lui créât aux jeux olympiques, une médaille d’or pour le saut de gratte-ciel. Son bel exploit fit s’esclaffer toute la cohorte de gosses.
Moi, ayant eu l’illusion d’avoir fait le geste, j’ai eu comme la sensation d’une déchirure musculaire de mon vieillissant dos.

Cette impression d’effort surhumain me ramena à la raison. C’est alors que je me souvins de ce français que j’ai vu plusieurs fois faire « l’araignée » pour arriver au sommet de très hauts buildings, quitte à avoir des démêlées avec la justice pour assouvir sa passion-vocation. Je me suis souvenu qu’ils l’appelaient « l’homme-araignée », de son vrai nom Alain Robert, qui a accumulé les exploits, de la tour Eiffel à la Tour de Petronas à Kuala Lumpur en Malaisie, jusqu’à en devenir épileptique.

Et me voilà, nul en anglais que je suis, mais fou amoureux de l’idiomatique dans la langue de Molière, avec le sens et la signification de SPIDERMAN. Etant déjà homme, j’ai eu la curiosité de découvrir comment, pour le rêve de mes enfants, je peux, en plus, devenir araignée.
J’ai commencé à rassembler des informations au sujet de ces bestioles, au niveau des performances desquelles mes enfants aimeraient tant se hisser.
Mes recherches furent rapidement couronnées d’un succès inespéré. Une trouvaille particulièrement informative et instructive. Au cours de toutes ces décennies que j’ai vécues, et dont je tairai le nombre, pour me faire une jeunesse illusoire malgré une canitie qui emboîte le pas à la calvitie, j’ai rarement trouvé une raison valable de me vanter comme un paon. Et voilà que je découvre qu’une araignée miniature a trouvé le moyen de lui ressembler avec une splendeur enviable. Comme quoi, il ne faut jamais minimiser plus petit, ou moins fort que soi.
En effet, un chercheur a réussi à filmer une minuscule araignée australienne en train d’effectuer une danse plutôt étrange !
« Elle relève deux de ses pattes et fait vibrer son ventre. Les belles couleurs de son ventre sont alors en bien évidence. Ce comportement ressemble à celui d’un paon qui déploie sa queue en éventail. Voilà pourquoi on la surnomme «l’araignée-paon».
Cette minuscule araignée, de la grosseur d’un pépin de pomme, trouve le moyen de se faire remarquer ! Pourtant, elle a intérêt à demeurer prudente… En dansant ainsi, elle attire aussi les oiseaux, prédateurs affamés ! ».

Le but de cette danse chez le paon ou l’araignée : séduire la femelle pour s’accoupler avec elle.

 

Si le paon et l’araignée-paon prennent encore le temps, et trouvent les meilleures manières d’exprimer leurs amours, ce n’est plus le cas des humains. Ils se suffisent pour la plupart, du fameux « Like » de Facebook. Quelques rares individus, dont votre humble serviteur, après avoir tourné dans la serrure de la porte de « la chambre à ronfler » la clé trois fois dans le sens des aiguilles d’une montre, se limitent à :« comment ça va ? bonne nuit ! ».

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