Maalouma : le voile qui ne cache pas le talent

J’ai la certitude que la majorité d’entre vous, chers amis et collègues blogueurs, ainsi que votre quasi-totalité, chers lecteurs, n’avez pas une bonne connaissance de mon pays, la Mauritanie. L’image qui vous en parvient, doit être incomplète, écorchée, ou étriquée. Il est vrai que le nom de mon pays, saute le plus souvent au-devant de l’actualité, à l’occasion d’un coup d’état, d’une sécheresse, d’une invasion de Sauteriaux, d’un déficit céréalier, d’une famine, ou d’une élection contestée.

Détrompez-vous, il n y a pas chez nous que des choses qui invoquent la compassion. La Mauritanie a, rassurez-vous, plus d’une facette. Il y a aussi des choses gaies. Je me suis donc proposé, de vous les dévoiler, progressivement et lentement pour maintenir un minimum de suspense.
Il y a cette facette « pays au million de poètes », que ma collègue Awa Seydou , notre malienne nationale, s’évertue généreusement à nous coller, malgré le manque d’inspiration notoire de nos virtuoses, en ces temps de vaches maigres.
Les poètes, le plus souvent, sont inspirés par des artistes, et vice-versa. Les artistes ici, sont légion. Ils sont nombreux à faire vibrer les mauritaniens. Parmi ceux-ci, une dame, du nom de Maalouma se fait distinguer par sa remarquable créativité, assortie d’une profonde authenticité.
Portant le voile avec élégance, posant sur vous un regard doux, le sourire en permanence sur les lèvres, parlant d’une voix qui murmure, respirant la sérénité, Maalouma rayonne d’une impressionnante et calme assurance.
Elle est actuellement en France, à l’invitation du Festival Arabesques, voué aux arts du monde arabe, à Montpellier, qui se tenait du 19 au  25 mai 2014. L’Album « Knou » qu’elle y présentait, « est un tissage ethno-pop rapprochant le chant et les instruments traditionnels (luth tidinit et harpe ardine) avec des sonorités urbaines occidentales».
Confronter la musique traditionnelle mauritanienne avec d’autres univers, c’est une manière pour l’artiste d’empêcher que ce riche patrimoine, jusqu’ici à transmission orale, ne se perde pour de bon. La voici, Maalouma, dans toute sa splendeur, sur le plateau de la chaîne marocaine 2M à Casablanca.

 

Malgré son esprit ouvert – certains diront rebelle – Maalouma a toujours été une artiste attachée à la culture et aux valeurs transmises par ses aïeux. Sa manière d’être curieuse du monde lui vient de son père, Mokhtar Ould Meidah, (griot) respecté en Mauritanie, raconte la chanteuse, née en 1960 dans la région du Trarza, au sud du pays. Elle ajoute : « Il m’a ouvert au monde, avec sa radio, fait découvrir la libanaise Fairuz et Jacques Brel. »
Pour montrer qu’elle est bien émancipée et multidimensionnelle, elle a aussi vécu une période de militante engagée au sein de l’opposition mauritanienne. Elle fut élue au Sénat en 2007, pour y passer sept ans, sous la bannière du RFD (rassemblement des forces démocratiques), principal parti d’opposition à l’époque. Maintenant, elle a repris son indépendance par rapport aux partis politiques, qu’elles jugent ainsi : « Les partis ne m’intéressent plus. Ils sont inefficaces. La Mauritanie est toujours dirigée par les généraux, comme dans beaucoup de pays en Afrique. Ce pays n’est pas une vraie démocratie».
Pour mieux cerner le parcours, la personnalité, et les exceptionnelles qualités de Maalouma, je vous conseille de lire l’article du chroniqueur mauritanien Ould Oumeir, intitulé « Maalouma, le singulier et le pluriel ».

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