Juin 21

Nos similitudes avec les kangourous

Galop kangourou

Galop kangourou

Il n’a certainement pas échappé à la perspicacité et la présence d’esprit de ceux parmi vous qui ont toujours eu la générosité de consacrer un peu de leur temps précieux pour me lire, que j’ai commencé, de moins en moins, à  évoquer les sujets politiques. Se désintéresser subitement de la politique n’est pas très grave. C’est aussi un choix, éminemment, politique. Mais de là à s’intéresser à nos similitudes avec kangourous, il y a un pas à franchir.

 

En effet, dans mes derniers billets, j’ai beaucoup parlé d’animaux avec ces singes menacés d’extinction à Bornéo, ces pratiques d’euthanasie auxquelles se livrerait le zoo de Copenhague, et les carnages qui auraient lieu dans certains parcs dits « exotiques ». Par contre, j’ai peu ou pas du tout évoqué la présidentielle mauritanienne  et  le dialogue de sourds, muets, et aveugles qu’on feint d’organiser pour mettre au point les règles d’arbitrage d’un combat, gagné d’avance, et dont le vainqueur est connu. Je ne pouvais être d’aucune utilité dans ce (s) débat (s), ne connaissant ni le braille, et le célèbre imposteur d’Afrique du Sud qui avait berné tout le monde lors des funérailles de Madiba maîtrise mieux que moi la langue des signes.

 

Pour ne rien vous cacher, j’avais été sérieusement inquiet en raison de la menace qui pesait sur les « cousins », profondément attristé par le sort (euthanasie) réservé au girafon, aux lions et lionceaux, et écœuré par ce carnage auquel se livraient ces millionnaires particulièrement capricieux. Mon intérêt pour les animaux me donne aussi toute la liberté de les qualifier de bêtes sans être impoli ou risquer de vexer quelque politicien que ce soit. Je dois aussi avouer -à quelque chose malheur est bon- que les motivations du zoo ont été pour moi, une réelle et utile source d’inspiration.

 

Manifestement, depuis qu’il est au pouvoir, mon président ne cesse de marteler, sans que je puisse en décrypter les raisons, qu’il faut tout renouveler, avec une insistance obsessionnelle sur la classe politique. Et voilà que le zoo me livre le secret : les animaux euthanasiés présenteraient un déficit du patrimoine génétique. Qu’il est génial mon président, et qu’elle est conne son opposition. Elle le prend à la légère, comme un très général sac à dos, sans background significatif et peu imaginatif. Et voilà qu’il est en train de modifier, irrémédiablement, le génome du patrimoine économique et politique du pays.

 

Mais laissons l’histoire porter, un jour, son jugement sur cela, surtout que moi je ne dois pas oublier que je ne veux plus beaucoup parler de politique.

 

Maintenant, revenons à mon nouveau centre d’intérêt, la faune. Avant de vous entretenir, dans un imminent billet, des caméléons auxquels nous ressemblons à s’y méprendre, je n’ai pas trouvé mieux, pour entretenir et consolider nos relations devenues apolitiques, mais privilégiées, que de vous parler des similitudes, parfois homothétiques, que les kangourous ont avec nous.

 

Les origines des noms

 

Selon certains historiens, celui de notre pays lui viendrait de la Maurétanie romaine qui concernait la partie nord du Maghreb actuel. Le terme « Mauritanie occidentale », appliqué en décembre 1899 par Xavier Coppolani à une partie de l’ « ensemble mauritanien », supplante progressivement d’autres noms : le « Chinguett » connu de l’Orient arabe, le « Sahara occidental » des explorateurs européens ou « Ard el Bidhane » des populations locales.

 

Quant au nom du kangourou, une anecdote en serait à l’origine. La première fois que cet animal étrange fut aperçu par des Européens, ils interrogèrent alors à un aborigène quel était son nom. Il répondit « Kangaroo » (« Kangourou »), ce qui signifie, en langue locale,   »je ne comprends pas » votre question. C’est ainsi que les Européens pensèrent alors découvrir le nom de cet animal !

 

Les caractéristiques

 

Le kangourou étant le plus gros marsupial au monde, sa taille est comparable à celle de chacun d’entre nous, et son poids peut atteindre les 85 kg. C’est aussi un poids moyen bien de chez nous avec l’obésité galopante, et les séquelles du gavage qu’on pratiquait, jusqu’à une période récente, pour les filles de « bonne famille ».

 

Notre marsupial se déplace par bonds pouvant atteindre 60 km/heure et 3 mètres de hauteur. Ici, notre similitude est parfaite. Nous avons créé « le sursaut de la jeunesse », un parti satellite ‘’UPRien’’, et sa présidente a fait un bond jusqu’à sortir de la « haie gouvernementale ». Elle n’a pas été reconduite comme ministre lors du dernier réajustement post et pré-électoral. Donc, sur ce plan, il est clair que nous avons nos « kangourettes ».

Galop kangourou

Galop kangourou

Les bonds si puissants qu’il fait, sont le fruit de la force dont la nature l’a doté au niveau des membres postérieurs et de l’imposante queue qui lui sert de balancier. Si vous comprenez que côté postérieur prononcé, il ne peut pas nous faire pâlir, vous saisirez aisément notre pudique abstention de nous mesurer à lui au niveau de la queue.

En raison de la forme singulière de ses pattes, et l’épaisseur de sa queue (encore elle), le kangourou ne peut pas facilement marcher ni même reculer. Comme lui nous marchons très peu (ou pas), quant à la reculade, nous sommes les champions : un pas en avant, deux pas en arrière.

Trois sens sont particulièrement développés chez lui : l’ouïe, la vue et l’odorat. Chez nous, les béni oui-oui, l’ouïe est hyper sensible. Il faut être toujours prêt à hocher la tête, acquiescer, dire oui, oui, ou les trois à la fois. La vue l’est moins, car elle ne dépasse guère le bout d’un nez camard. Quant à l’odorat, on ne le connaît pas. Chez nous, tout est inodore. Si on en avait, nous aurions pu nous rendre compte des odeurs des ordures ménagères qui jonchent les rues et boulevards, et apprécier les « fragrances » des urinoirs aux alentours du marché central de la capitale, Nouakchott.

Les comportements

Exactement comme nous, la journée, quand il fait chaud, notre kangourou cherche la fraîcheur, se repose. Pour se rafraîchir aussi, il aime également se lécher les pattes. Nous, nous aimons bien lécher les pieds, même irrespirables de ceux qui peuvent nous donner accès à un minimum de pouvoir, ou au moindre profit matériel.

Il est connu bon nageur, notre sympathique Kangourou. Cependant, il ne se jette à l’eau que s’il est pourchassé ou qu’il n’a pas d’autre choix. Nous, nous sommes bons nageurs, mais surtout en eaux troubles. Nous nous perfectionnons pendant les cycliques inondations, dues aux emblématiques accumulations (tarakoumats), de notre jeune et (potentiellement) belle capitale. En attendant, nous sommes tout à fait disposés à sauter dans un mirage, au risque de nous casser le nez et les côtes, pourvu qu’on nous assurât qu’au fond il y a des fonds.

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Le kangourou vit en troupeau, comme nous vivons en communauté.

Habitudes

 

Le kangourou est herbivore et se nourrit d’herbes, de feuilles et de pousses d’arbres. Nous sommes carnivores, carnassiers, budgétivores, et mangeons, au rythme de la vitesse digestive d’un criquet pèlerin.

 

Animal nocturne, il se nourrit essentiellement le soir et la nuit. Nous, nous mangeons matin, midi, et soir, comme préconiserait, pour les médicaments, toute ordonnance d’un médecin chinois. Et entre les trois moments, c’est les amuse-gueules, et gâte-dents, en plus des fausses factures et des bordereaux de non-livraison.

 

Ils vivent comme nous, dans les steppes et espaces dégagés. Ils ont opté pour l’Australie continentale, en Tasmanie et en Nouvelle-Guinée. Nous avons adopté le Sahel avec ses charmes, ses aléas, et ses défis.

KANGOUROU

 

On compte plus de 40 espèces différentes de cette créature, le kangourou roux fait partie de la plus grande espèce et la plus petite est le wallaby. Ils vivent en parfaite harmonie, qu’ils soient blancs ou ‘’kangou-roux’’. Leur exemple doit nous inspirer, ‘’mauretaniens’’ et ‘’noiretaniens’’.

La famille kangourou

 

Au moment où notre nouveau-né à nous, se voit adulé « bébé » dès sa naissance, le bébé kangourou, lui s’appelle le ‘’joey’’. Phonétiquement, ça sonne comme « jouet » ou « gadget », surtout qu’il naît à un stade très immature. Il est si petit qu’il fait la taille d’un bonbon (pas plus de 2 cm) et ne pèse pas plus d’un gramme. Vous avez bien lu 2 cm et 1 gramme. Tout de suite après sa naissance, il se glisse dans la poche de sa mère et s’attache à un de ses 4 mamelons. Il lui faut alors quelques semaines pour commencer à s’éveiller et passer de plus en plus de temps en dehors la poche. Le joey vit dans la poche de sa maman et boit son lait. Vers l’âge d’un an, bien qu’il n’ait plus besoin du lait de sa mère, il reste encore proche d’elle, car il lui reste encore beaucoup à apprendre.

istockphoto com

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Là aussi, j’en suis sûr, vous aurez déjà vu les similitudes. Cet amour, mais simplement, et exclusivement pour la poche. Quel plaisir d’avoir le loisir de disposer d’une poche à sa disposition, et d’une aussi consistante contenance. Le contenu, c’est autre chose. C’est par attachement viscéral aux poches que nous avons coopté au pouvoir nos valeureux militaires. Leurs treillis sont moitié poches, comme disait un opposant mauritanien, aujourd’hui « repenti ». Que c’est rassurant de pouvoir avoir tout le monde « dans la poche ». Que c’est confortable de savoir qu’on est à proximité d’une poche qui peut nous servir, et au besoin, nous contenir.

 

J’allais oublier que le joey est toujours « encadré » par deux frères. Un aîné qui a déjà ‘’vidé’’ la poche, et un cadet, embryon en dormance, celui-là, en attendant que bébé-joey puisse être sevré. C’est similaire à notre planning familial, non ? Un enfant sur le dos, un second dans le ventre, et deux saisis, en marchant, par les deux mains.

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