Juin 26

Palestine : choisir entre le néant et le non-être

Les négociations de paix entre Israël et l’autorité palestinienne ont connu d’abord un enlisement, pour aboutir ensuite à une véritable impasse. Ces derniers jours, elles semblent bien être tombées au fond du fossé où elles devraient être définitivement enterrées.

Je ne vais pas m’étaler sur ce dernier rebondissement, mon collègue et ami blogueur laackater m’ayant littéralement  »marché sur la plume », pour exprimer, merveilleusement bien, ce que j’avais une irrésistible envie de dire.

Néanmoins, je ne peux m’empêcher de croire que cet aboutissement doit constituer une source certaine de navrante déception, et de déprimante désolation, pour tous les épris de paix, d’équité, et de stabilité de par le monde.

Ainsi, les efforts inlassables durant plus de deux décennies de difficiles et tumultueuses négociations ont été vains. Aussi, les espoirs nés des accords, objet d’abord de pourparlers secrets à Oslo, et signé ensuite en grandes pompes à Washington le 13 septembre 1993, se trouvent tristement déçus.

 

La concrétisation de « la paix des braves », comme on l’avait si bien baptisée, est donc remise aux calendes grecques.

Pourtant, au début, les choses semblaient prendre forme, voire s’accélérer et marcher au mieux. On a ainsi assisté au retour en terre de Palestine de la plupart des dirigeants de l’organisation de libération de la Palestine (OLP), auparavant traqués par le MOSSAD, et une fois repérés, systématiquement liquidés. Peu à peu, les structures de l’autorité palestinienne se mettaient en place. Un début de résultats féconds, et l’embryon du futur Etat palestinien in vitro, puis en couveuse.

Malheureusement, certains événements vont ralentir conséquemment le train de la réconciliation, avant d’arriver, maintenant, à le faire dérailler.

Du côté israélien, il y eu d’abord le tragique assassinat du premier ministre Yitzhak Rabin, véritable moteur de cette louable entreprise de rapprochement avec l’ennemi juré d’hier. Ensuite, on connaîtra la succession au pouvoir  d’une série de coalitions politiques entre la droite et les ultra-religieux, ce qui va fragiliser les acquis et compromettre tout progrès à venir du processus engagé. C’est de nouveau, un climat de méfiance, de suspicion, voire de défiance, qui s’instaure.

Pour les palestiniens, la faiblesse maîtresse a été leur échec à pouvoir (ou vouloir) raccorder leurs violons depuis le début. Le clan de Yasser Arafats’est engagé résolument dans ce qu’on appelait parfois le processus, tantôt l’opération de paix, avant de connaitre des dissensions internes aiguillées à travers l’actuel Chef de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, qui fut alors imposé par les occidentaux, comme premier ministre, à Arafat. Le groupe de mouvements d’obédience islamiste a refusé depuis le début, tout ce qui peut signifier, ou aboutir à la reconnaissance de l’Etat d’Israël.

Le HAMAS, principal mouvement non dialoguiste, va se ramifier à l’image de l’exIRA en Irlande du nord. Une aile militaire continuera à harceler les israéliens par des opérations armées et des prises d’otages, au moment où la branche politique prend part aux élections, et les gagne haut la main. Cette percée dans l’opinion palestinienne du HAMAS, est en quelque sorte, et indirectement, l’œuvre des israéliens. L’absence de résultats tangibles des négociations a renforcé la position de ceux qui, parmi les palestiniens et leurs soutiens extérieurs, défendaient la thèse que la paix n’est pas possible avec Israël.

Le résultat des élections, jugées transparentes par tous, particulièrement l’union européenne (UE), a établit une situation de cohabitation, qui va rapidement  devenir ingérable, entre les deux frères palestiniens ennemis. La différence d’approches, le déficit de confiance, l’excès de méfiance, ne vont pas tarder à avoir raison de l’équilibre déjà précaire de la fragile -et devenue composite- autorité palestinienne. Ainsi, à leur séparation physique par une cinquantaine de kilomètres,  les deux portions de territoire palestinien (Gaza et Cisjordanie), sur lesquelles s’exerce une forme -très contrôlée- d’autorité palestinienne, devront ajouter une rupture politique. La  »bantoustanisation » de l’entité palestinienne, est ainsi accomplie et consommée, rappelant les tristement célèbres bantoustans du Transkei et du Bophuthatswana, du temps du non regretté, et exécrable régime d’Apartheid en Afrique du Sud.

Pour ce qui est des Etats arabes, jadis appelés nation ou monde arabe, l’approche semble avoir changé. Trois raisons principales m’incitent à accréditer ce constat:

  • les régimes d’obédience nationaliste arabe (Nassériste, Baasiste), ne sont plus là (SaddamKaddafi), ou sont las (Bachar de Syrie), pour jouer aux tigres en papier. C’est à cause d’eux, se réfugiant derrière des slogans creux et des rêveries moyenâgeuses, que les arabes ont raté des occasions exceptionnelles de sauver leur face, et régler de façon acceptable la question palestinienne. Ces régimes d’éternel refus, ont ignoré la proposition clairvoyante de l’ancien Président tunisien Habib Bourguiba, de négocier avec Israël, et n’ont pas su, non plus, capitaliserl’historique démarche du Président Égyptien Sadate en 1977. A l’époque, les arabes, en bloc, auraient pu trouver un arrangement global pour la sous-région. Ils avaient, malheureusement, mal négocié un important virage de leur histoire.
  • les accords d’OSLO ont transformé le problème dit du moyen orient, d’un conflit existentiel Israélo-Arabe, à un simple litige entre juifs et palestiniens.
  • dans leur grande majorité, les pays arabes ont trouvé en la République Islamique d’Iran, un ennemi commun à eux et Israël. Comme l’ennemi de l’ennemi est ami, les gouvernants arabes, même s’ils ne le disent pas expressément, ne se considèrent plus en situation d’adversité avec l’Etat hébreu.

En ce qui concerne la communauté internationale, son niveau d’implication a été en continuelle et régulière régression. Passée la première euphorie, sincère ou simulée, le rôle du Quartet s’est estompé petit à petit, pour se retrouver, finalement, aux abonnés absents.  L’UE qui, de l’avis de beaucoup d’observateurs, est la mieux indiquée pour faire aboutir la paix entre les deux parties de ce  litige, a toujours été confrontée à une obstruction étasunienne à un rôle autre que celui de l’aide, et qu’elle assure non sans générosité, et relative efficacité. Les Etats unis d’Amérique (USA) se sont intéressés au problème de façon périodique, épisodique, et peu engagée. Certains considèrent que les USA, étant juge et partie, sont mal placés pour faire la médiation ou la modération. D’autres, comme l’ancien secrétaire général de l’organisation des nations unies (ONU), vont plus loin pour constater, que dans leur histoire, les USA n’ont jamais réussi à résoudre un problème par la diplomatie, en raison, selon M. Boutros Boutros Ghali, de leur penchant quasi-systématique vers la force, hérité, dit-il, de la tradition des Cow-boys.

Je n’ai pas parlé du rôle, parce qu’insignifiant, de l’ONU dans les efforts fournis pour résoudre ce problème dont elle est à l’origine par le partage de la Palestine, et au sujet duquel elle n’a jamais enregistré l’application d’aucune de ses nombreuses résolutions, tant celles importantes mais non contraignantes de l’assemblée générale, que celles qui ont pu échapper, au conseil de sécurité, à l’éternel veto américain.

Déboussolé devant ce constat, je n’ai pu répondre à certaines questions qui me taraudent. J’ai donc décidé de les soumettre, en vrac, au bon sens de mes aimables lecteurs:

  • comment, au niveau international, peut-on demeurer nonchalant,voire indifférent, à la tragédie d’un peuple qui s’amplifie depuis bientôt 66 ans ?
  • avec quel sens de la logique, le peuple juif qui a tant souffert, peut-il ne pas voler au secours de tout peuple qui souffrirait au bout du monde, a fortiori, un peuple de grande, profonde, et historique proximité, et longuement martyrisé ?
  • de quelle manière Israël peut-il exiger sa reconnaissance de la part d’un peuple auquel il refuse le droit à un Etat viable et respectable ?
  • comment sur une terre sacrée pour les trois religions monothéistes, et principalement peuplée par les adeptes desdites religions, on n’arrive pas à cohabiter ? Dieu n’est-il plus unique ?
  • quel danger extérieur majeur guette-t-il encore l’Etat hébreu, pour se barricader, et contraindre les habitants de Gaza, pour pouvoir survivre, à creuser des trous comme des rats, et à y vivre comme des chauves-souris ? Les attentats se produisent aux USA, à Londres, à Madrid, et un peu partout dans le monde. On est passé des guerres mondiales aux guerres mondialisées, et maintenant à la mondialisation de la violence, plus connue sous le générique de terrorisme.

En attendant la réponse à mes interrogations, je ne peux que me résigner à souhaiter la résurgence de Aaron qui, selon la Bible, aurait chargé un bœuf de tous les péchés d’Israël pour les déverser dans le désert. Cette fois-ci, le nouvel Aaron devra collecter tous les péchés des hommes politiques israéliens, ceux des palestiniens, en y ajoutant l’indifférence de la communauté internationale et l’inconsistance des états arabes, pour déverser le tout, à parts égales, entre les déserts du Néguev et du Sinaï. Ainsi, pourra-t-on espérer que le peuple d’élites et celui élu puissent vivre en voisinage paisible, et que le peuple palestinien cesse de n’avoir, comme choix, que le néant ou le non-être.La concrétisation de « la paix des braves », comme on l’avait si bien baptisée, est donc remise aux calendes grecques.

Pourtant, au début, les choses semblaient prendre forme, voire s’accélérer et marcher au mieux. On a ainsi assisté au retour en terre de Palestine de la plupart des dirigeants de l’organisation de libération de la Palestine (OLP), auparavant traqués par le MOSSAD, et une fois repérés, systématiquement liquidés. Peu à peu, les structures de l’autorité palestinienne se mettaient en place. Un début de résultats féconds, et l’embryon du futur Etat palestinien in vitro, puis en couveuse.

Malheureusement, certains événements vont ralentir conséquemment le train de la réconciliation, avant d’arriver, maintenant, à le faire dérailler.

Du côté israélien, il y eu d’abord le tragique assassinat du premier ministre Yitzhak Rabin, véritable moteur de cette louable entreprise de rapprochement avec l’ennemi juré d’hier. Ensuite, on connaîtra la succession au pouvoir  d’une série de coalitions politiques entre la droite et les ultra-religieux, ce qui va fragiliser les acquis et compromettre tout progrès à venir du processus engagé. C’est de nouveau, un climat de méfiance, de suspicion, voire de défiance, qui s’instaure.

Pour les palestiniens, la faiblesse maîtresse a été leur échec à pouvoir (ou vouloir) raccorder leurs violons depuis le début. Le clan de Yasser Arafats’est engagé résolument dans ce qu’on appelait parfois le processus, tantôt l’opération de paix, avant de connaitre des dissensions internes aiguillées à travers l’actuel Chef de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, qui fut alors imposé par les occidentaux, comme premier ministre, à Arafat. Le groupe de mouvements d’obédience islamiste a refusé depuis le début, tout ce qui peut signifier, ou aboutir à la reconnaissance de l’Etat d’Israël.

Le HAMAS, principal mouvement non dialoguiste, va se ramifier à l’image de l’exIRA en Irlande du nord. Une aile militaire continuera à harceler les israéliens par des opérations armées et des prises d’otages, au moment où la branche politique prend part aux élections, et les gagne haut la main. Cette percée dans l’opinion palestinienne du HAMAS, est en quelque sorte, et indirectement, l’œuvre des israéliens. L’absence de résultats tangibles des négociations a renforcé la position de ceux qui, parmi les palestiniens et leurs soutiens extérieurs, défendaient la thèse que la paix n’est pas possible avec Israël.

Le résultat des élections, jugées transparentes par tous, particulièrement l’union européenne (UE), a établit une situation de cohabitation, qui va rapidement  devenir ingérable, entre les deux frères palestiniens ennemis. La différence d’approches, le déficit de confiance, l’excès de méfiance, ne vont pas tarder à avoir raison de l’équilibre déjà précaire de la fragile -et devenue composite- autorité palestinienne. Ainsi, à leur séparation physique par une cinquantaine de kilomètres,  les deux portions de territoire palestinien (Gaza et Cisjordanie), sur lesquelles s’exerce une forme -très contrôlée- d’autorité palestinienne, devront ajouter une rupture politique. La  »bantoustanisation » de l’entité palestinienne, est ainsi accomplie et consommée, rappelant les tristement célèbres bantoustans du Transkei et du Bophuthatswana, du temps du non regretté, et exécrable régime d’Apartheid en Afrique du Sud.

Pour ce qui est des Etats arabes, jadis appelés nation ou monde arabe, l’approche semble avoir changé. Trois raisons principales m’incitent à accréditer ce constat:

  • les régimes d’obédience nationaliste arabe (Nassériste, Baasiste), ne sont plus là (SaddamKaddafi), ou sont las (Bachar de Syrie), pour jouer aux tigres en papier. C’est à cause d’eux, se réfugiant derrière des slogans creux et des rêveries moyenâgeuses, que les arabes ont raté des occasions exceptionnelles de sauver leur face, et régler de façon acceptable la question palestinienne. Ces régimes d’éternel refus, ont ignoré la proposition clairvoyante de l’ancien Président tunisien Habib Bourguiba, de négocier avec Israël, et n’ont pas su, non plus, capitaliser l’historique démarche du Président Égyptien Sadate en 1977. A l’époque, les arabes, en bloc, auraient pu trouver un arrangement global pour la sous-région. Ils avaient, malheureusement, mal négocié un important virage de leur histoire.
  • les accords d’OSLO ont transformé le problème dit du moyen orient, d’un conflit existentiel Israélo-Arabe, à un simple litige entre juifs et palestiniens.
  • dans leur grande majorité, les pays arabes ont trouvé en la République Islamique d’Iran, un ennemi commun à eux et Israël. Comme l’ennemi de l’ennemi est ami, les gouvernants arabes, même s’ils ne le disent pas expressément, ne se considèrent plus en situation d’adversité avec l’Etat hébreu.

En ce qui concerne la communauté internationale, son niveau d’implication a été en continuelle et régulière régression. Passée la première euphorie, sincère ou simulée, le rôle du Quartet s’est estompé petit à petit, pour se retrouver, finalement, aux abonnés absents.  L’UE qui, de l’avis de beaucoup d’observateurs, est la mieux indiquée pour faire aboutir la paix entre les deux parties de ce  litige, a toujours été confrontée à une obstruction étasunienne à un rôle autre que celui de l’aide, et qu’elle assure non sans générosité, et relative efficacité. Les Etats unis d’Amérique (USA) se sont intéressés au problème de façon périodique, épisodique, et peu engagée. Certains considèrent que les USA, étant juge et partie, sont mal placés pour faire la médiation ou la modération. D’autres, comme l’ancien secrétaire général de l’organisation des nations unies (ONU), vont plus loin pour constater, que dans leur histoire, les USA n’ont jamais réussi à résoudre un problème par la diplomatie, en raison, selon M. Boutros Boutros Ghali, de leur penchant quasi-systématique vers la force, hérité, dit-il, de la tradition des Cow-boys.

Je n’ai pas parlé du rôle, parce qu’insignifiant, de l’ONU dans les efforts fournis pour résoudre ce problème dont elle est à l’origine par le partage de la Palestine, et au sujet duquel elle n’a jamais enregistré l’application d’aucune de ses nombreuses résolutions, tant celles importantes mais non contraignantes de l’assemblée générale, que celles qui ont pu échapper, au conseil de sécurité, à l’éternel veto américain.

Déboussolé devant ce constat, je n’ai pu répondre à certaines questions qui me taraudent. J’ai donc décidé de les soumettre, en vrac, au bon sens de mes aimables lecteurs:

  • comment, au niveau international, peut-on demeurer nonchalant,voire indifférent, à la tragédie d’un peuple qui s’amplifie depuis bientôt 66 ans ?
  • avec quel sens de la logique, le peuple juif qui a tant souffert, peut-il ne pas voler au secours de tout peuple qui souffrirait au bout du monde, a fortiori, un peuple de grande, profonde, et historique proximité, et longuement martyrisé ?
  • de quelle manière Israël peut-il exiger sa reconnaissance de la part d’un peuple auquel il refuse le droit à un Etat viable et respectable ?
  • comment sur une terre sacrée pour les trois religions monothéistes, et principalement peuplée par les adeptes desdites religions, on n’arrive pas à cohabiter ? Dieu n’est-il plus unique ?
  • quel danger extérieur majeur guette-t-il encore l’Etat hébreu, pour se barricader, et contraindre les habitants de Gaza, pour pouvoir survivre, à creuser des trous comme des rats, et à y vivre comme des chauves-souris ? Les attentats se produisent aux USA, à Londres, à Madrid, et un peu partout dans le monde. On est passé des guerres mondiales aux guerres mondialisées, et maintenant à la mondialisation de la violence, plus connue sous le générique de terrorisme.

En attendant la réponse à mes interrogations, je ne peux que me résigner à souhaiter la résurgence de Aaron qui, selon la Bible, aurait chargé un bœuf de tous les péchés d’Israël pour les déverser dans le désert. Cette fois-ci, le nouvel Aaron devra collecter tous les péchés des hommes politiques israéliens, ceux des palestiniens, en y ajoutant l’indifférence de la communauté internationale et l’inconsistance des états arabes, pour déverser le tout, à parts égales, entre les déserts du Néguev et du Sinaï. Ainsi, pourra-t-on espérer que le peuple d’élites et celui élu puissent vivre en voisinage paisible, et que le peuple palestinien cesse de n’avoir, comme choix, que le néant ou le non-être.

(2 commentaires)

  1. Il faut vraiment un leader politique « lucide » car le Moyen-Orient s’enflamme tant les politiques actuels sont radicaux et insouciants vis à vis de leur peuples.

    1. Je crois que le temps des leaders charismatiques, ou tout au moins lucides, est bien révolu. C’est la raison pour laquelle nous tournons dans un cercle vicieux. Le pire, est cette jungle de « communauté internationale », où la raison n’est pas au droit, mais aux intérêts des plus forts. Regrettable! Merci d’avoir visité, lu, et commenté. Merci bien. A la prochaine !

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