Présidentielle mauritanienne : voter utile

Ce billet est inspiré par « la lettre de l’enfant » de Valery moise, et le « Cameroun émergent» de Dania Ebongué. J’ai essayé de faire vivre l’enfant de Haïti dans le pays émergent, mais en Mauritanie. Un exercice périlleux, compte tenu de l’exceptionnel talent de mes deux amis et collègues. Il a été déjà publié sur Mondoblog et CRIDEM. En le reprenant ici sur mon nouveau Blog, je l’ai légèrement actualisé pour inciter à « voter utile« .

A l’attention particulière de Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz Ould Eleya, Président non sortant de la République Islamique de Mauritanie.

Au lendemain du 21 juin 2014, vous allez célébrer une victoire éclatante, j’ai failli dire écrasante, pour assumer pour un autre mandat, la haute charge de la magistrature suprême de notre pays. C’est pourquoi je vous ai toujours qualifié de « non sortant ».

Ainsi, vous continuerez aussi, de facto, à assurer, pour une année, l’honorable et hautement symbolique charge de la présidence tournante de l‘UA (union africaine). A ce sujet, je vous avais adressé, en son temps, mes meilleurs vœux à l’occasion du 25 mai.

Je n’ai pas le moindre doute que mon courrier est parvenu, et a subi le traitement idoine. Nous sommes dans une République à institutions qui fonctionnent. Et dans de telles Républiques, comme la France, j’avais lu dans un ouvrage écrit par Thierry Pfister et intitulé « La Vie quotidienne à Matignon au temps de l’Union de la gauche  », que tout courrier adressé par un citoyen lambda au premier magistrat du pays, est traité par un staff dédié à cet effet à l’Elysée.

En tout état de cause, le citoyen en question recevra nécessairement une réponse. Selon son objet, elle sera signée, parfois par le Président en personne, tantôt par l’un de ses conseillers. Comme nous comptons maintenant parmi les pays avancés (eux ils ont leurs G8 et G20, et nous, notre G5), les choses doivent être, par ailleurs comparables. Je n’ai pas encore reçu mon courrier, mais ce ne sont, sans doute, que les aléas de la poste.

En attendant que la poste puisse faire son boulot, je rappelle que dans un billet publié à l’occasion des récentes élections législatives et municipales, j’avais donné les raisons pour lesquelles j’étais alors amené, en âme et conscience, à prendre la décision suivante : « je ne boycotte pas, je ne suis pas candidat, et je ne vote pas ».

J’avais expliqué en détail, les raisons de tels choix, qui, pour ceux qui ne me connaissent pas, ou peu, ne manquaient pas d’ambiguïté. Par contre, ceux qui savent pertinemment que je suis entier, et que l’apolitique a toujours été mon choix éminemment politique, avaient compris mes motivations et leur véritable contexte.

Le déroulement du processus politique du pays, depuis les élections de Novembre et décembre derniers, m’a toujours donné raison. Au moment de votre rencontre avec les jeunes, j’avais exprimé mon souhait de vous rencontrer. J’ai dû me contenter d’exprimer ici, ce que je voulais vous dire. Aussi, ai-je prédis l’aboutissement du dialogue mort-né avec l’opposition dite radicale en avril dernier. La seule chose que je semble avoir sous-estimée, est le score que vous pourrez réaliser au scrutin de juin prochain. Au lieu de la fourchette des 60 % que j’avais annoncée, et au vu de la configuration finale des candidatures, je ne pense pas que vous descendiez sous les 85 % des suffrages, avec un taux de participation autour des 70 %. Tenant compte de l’ensemble de ces éléments, sur lesquels les fondements de mon analyse n’ont jamais changé, j’ai adopté une nouvelle position.

Pour l’échéance présidentielle du 21 juin 2014, sachez que je ne boycotte pas, je n’ai pas été candidat, et j’allais voter pour vous, Monsieur le Président. Malheureusement, là où je me trouve, la CENI tant décriée, et je vais l’acculer davantage, n’a pas jugé opportun d’ouvrir un bureau de vote. Je bénéficie donc de circonstances atténuantes, surtout que l’intention, parfais, vaut l’action. Je ne peux pas vous dire que mon soutien sera indéfectible, ou qu’il est sans conditions. Cette terminologie, permettez-moi l’expression, votre Excellence, me répugne : je suis témoin oculaire de beaucoup de soutiens qui s’affichaient indéfectibles à vos prédécesseurs, et dès la chute de ces derniers, ont vite retourné la veste (le boubou plutôt) pour applaudir, des mains et des pieds, avec des youyous tonitruants, leurs tombeurs. Pour ce qui est des conditions, et pour être franc avec vous, un soutien a toujours des conditions, au moins celles dans lesquelles il se mérite et s’accorde.

En votant pour vous, je vais voter pour une idée que je me fais de mon pays. Je vais voter aussi pour une Mauritanie que je voudrais bâtir, avec vous, pour vos enfants, les miens, leur génération, et celles à venir. Où les mauritaniens ne se trouveront pas tous, tenus d’être politiciens ou partisans, pour sentir qu’ils existent, ou qu’ils comptent. Par contre, ils s’emploieront tous à consolider les fondements d’un Etat, qui les prend tous en compte. Un Etat de droit, et non un Etat d’âmes. Une Mauritanie où les tribus, la vôtre et la mienne comprises, s’effaceront comme par enchantement. Elles n’auront plus leurs raisons d’être, devant les performances de l’Etat de droit, de la pluralité, de l’égalité des chances, de la multitude des opportunités, et de l’absence totale de toute forme de tributs.

En votant pour vous, j’aurai fait le choix d’une Mauritanie plurielle, où la pensée supplante les arrière-pensées, où le passif humanitaire aura été réglé et provisionnée (pour utiliser un terme comptable) par la prévision de tout risque de conflit entre les communautés, et où sera revalorisé l’énorme actif de ce qu’elles ont su réaliser, au fil du temps, en symbiose, ensemble. Une Mauritanie-nation, où sera ancrée l’idée qu’on peut être différents, sans y trouver la moindre raison d’avoir des différends. Une nation qui accepte sa diversité, élimine les tares, combat les inégalités, et s’insurge contre l’injustice. Une Mauritanie multi-ethnique, où on respectera profondément les communautés, et combattra vigoureusement les communautarismes.

Une Mauritanie dont chacun des fils, noir, blanc, basané, ou « zèbre », pourrait en devenir Président, pourvu qu’il soit méritant, et qu’il l’obtienne par alternance pacifique, libre et transparente. Qu’il respecte la constitution, et en applique, avec profonde conviction, et grande détermination, toutes les dispositions, qu’il se gardera bien de tripatouiller pour s’inventer des subterfuges pour conserver le pouvoir. Qu’il sache se séparer de gaieté de cœur, du pouvoir, et veille, durant son exercice de la magistrature suprême, à la séparation effective des pouvoirs. Un Président de tous, et pas uniquement de tout.

Un pays où la lâcheté, l’hypocrisie, la partialité, le clanisme, le clientélisme, l’arrivisme, le suivisme, l’affiliation tribale ou partisane, la médiocratie, le copinage, le cousinage,  la violence, l’autocratie, la tyrannie, l’inversion de l’échelle des valeurs, le règne des stupéfiants et anabolisants, les vols, les viols, la prostitution, la pédophilie, toutes les formes d’esclavage et l’ensemble de ses séquelles, et la violence morale ou physique seront, à jamais, bannis. Un pays où, les paroles seront toujours traduites en actes, et les actes motivés par la bonne et juste parole.

Dans la Mauritanie que nous projetons, vous et moi, et dont rêvent nos concitoyens aussi, on accorde une importance capitale à la ressource humaine. C’est celle-ci qui crée la richesse. A la condition que les compétences soient valorisées, et que la promotion se fasse sur l’unique base du mérite. Que personne ne puisse se dérober à ses responsabilités, la sanction et la récompense étant, avec équité et rigueur, mise systématiquement en application et en vigueur. Que les gouvernants sachent que chaque citoyen a le droit de vivre dans la dignité, et qu’il n’aimerait guère, s’il n’a aucun handicap physique l’empêchant de se nourrir à la sueur de son front, recevoir une aide déshumanisante, fut-elle peinte sur un tableau d’aide sociale.

Nous avons le devoir d’expliquer à nos compatriotes la valeur du travail. Ils ont un pays immensément riche, sont d’une digne, fière, et exceptionnelle sobriété, et ne peuvent continuer à vivre dans un dénuement qui blesse leur honneur, et entache leur fierté. La mendicité internationale n’a sorti personne de ses difficultés, et ne cesse de charger de dettes, les frêles épaules de nos générations montantes, qui me paraissent, en plus, perdre, de plus en plus, les repères.

Regardez, Monsieur le président, autour de vous. Regardez droit dans les yeux de nos enfants, les vôtres, les miens, et les autres, combien il est lisible que leurs aspirations et rêves sont grands, voire grandioses. Prenez le temps d’observer leurs comportements et mouvements, et d’anticiper l’interprétation du sens de leurs prises de positions futures. Leur silence est assourdissant, le tourbillon de leurs réflexions précoces est ravageur, et leur marche vers leurs aspirations est irréversible. Nous avons la chance, Excellence, d’être nés, vous et moi, sur une terre si fertile et généreuse, qu’elle a produit à la fois de sublimes et remarquables héros et de piètres et exécrables vauriens et opportunistes.

Aziz_izidbih_

Aziz_izidbih_

Vous connaissez inévitablement, ces derniers, mieux que quiconque. Ils sont certainement venus vous raconter les mêmes inepties qu’ils racontaient, devant vous, à certains de vos prédécesseurs qui croyaient, pourtant, pouvoir compter sur leur soutien « indéfectible ». Notre peuple, apparemment beaucoup plus que ceux d’ailleurs, est très émotif et particulièrement capricieux. Il a souvent la regrettable habitude de préférer les promesses pompeuses immédiates, aux propositions minutieusement réfléchies et méticuleusement pesées de ceux qui, péniblement gravissent les pentes raides du labeur, et se hissent à l’apogée de la compétence, pour présenter des solutions pertinentes, efficientes, efficaces, et durables. Voilà, pour être bref, certains des défis qui nous attendent, pour réussir ce combat, qui devrait être mené par tous.

C’est bien possible car, en Mauritanie, il y a de la place, au propre comme au figuré, pour toutes ses filles et tous ses fils. Nous y arriverons d’autant plus aisément, si vous appreniez, avant de vous comporter comme Président, à être un citoyen modèle. Pour mieux connaître les autres et leurs aspirations, connaissons-nous nous-même et triomphons de notre ego. Ne nous limitons jamais à notre pointure et aux sentiers battus, chaussons les souliers des autres et parcourons leurs chemins. Comprenons les raisons de leurs réussites, les causes de leurs déboires, et quelles sont leurs réelles aspirations. Capitalisons cette analyse, et tirons-en les meilleures leçons. Méfions-nous des conseillers-renards et des amis filous. Et par-dessus tout, écoutons des choses qui ne plaisent pas nécessairement à les entendre, mais qui aident considérablement à prendre les décisions objectives et idoines.

Apprenons à prendre le plus souvent des décisions, et non à toujours donner des instructions. Ces dernières sous-tendent l’improvisé et le subjectif, tandis que les premières supposent l’analyse des tenants et aboutissants de la question au sujet de laquelle on décide : personne ne dispose du monopole de la vérité, ni de celui de la raison.

La vérité et la raison jaillissent de la discussion dépassionnée entre protagonistes, et même antagonistes. La sagesse de notre peuple l’emportera. Nous reconstituerons une Mauritanie réconciliée avec elle-même, et ancrée de nouveau comme charnière entre l’Afrique du nord, et celle au sud du Sahara. La Mauritanie telle que nous la concevons, ne sera plus jamais tiraillée entre ses composantes, et ne connaîtrait plus comme dispute, que celle que se livrent depuis la nuit des temps, l’Harmattan et la Brise marine pour se l’approprier. Elle redeviendra un îlot de culture et d’échanges, et cessera d’être ce désert intellectuel épouvantable, et qui tranche lamentablement avec sa vocation d’antan.

Mon souci majeur est que demain, à la suite du mandat que le peuple va vous accorder, – je n’en doute pas un seul instant – vous puissiez regarder tout le monde droit dans les yeux. Que vous puissiez aller à la mosquée du quartier, sans escorte. Que vos enfants, les miens, et ceux de leur génération, se rencontrent, et échangent sans rancœur ou rancune. C’est un aspect capital de l’héritage que vous devrez leur laisser, lorsque après la Présidence, vous redeviendrez un honorable, mais simple citoyen. Ce faisant, je ne pourrai qu’être ragaillardi de vous avoir soutenu, dans l’accomplissement de cette grande œuvre.

Avant de retrouver cet honorable statut de simple citoyen de la République Islamique de Mauritanie, vous laisserez un pays émergent. N’en déplaise à l’APP (parti opposition modérée), FNDU (opposition radicale), et autres boycotteurs. Vous leur direz, simplement et éloquemment, voilà que la Mauritanie est enfin devenue émergente. Longtemps, mais bien longtemps avant toute échéance que vous pouviez imaginer. Ils ne vous croiront sans doute pas, mais on ne montre pas le ciel à qui ne veut pas le voir. L’essentiel est que nous savons, vous, moi, et « le chacal à l’est de Oualata« (*), que la Mauritanie est réellement émergente.

La preuve, est que durant votre second (et dernier ?) mandat, les remaniements ministériels sont faits rien que pour nommer de vrais jeunes, réellement technocrates. Dans la nouvelle Mauritanie, il n’est plus question de distribution de « cadeaux électoraux », ou de dosages ethniques ou tribaux, moins encore d’équilibres ou d’adéquations partisans. On est passé aussi à un nombre raisonnable de ministres : 15 au maximum, soit une moyenne de 5 par million d’habitant. C’est largement suffisant pour faire le travail, et beaucoup trop pour ne rien faire.

On aura aussi réhabilité les Walis (gouverneurs), pour qu’ils servent à quelque chose, autre que la distribution aux nécessiteux (qui n’existeraient plus), sous la supervision d’un conseiller du premier ministre, venu à grands frais de Nouakchott, de boites de sardines, ou de semoule périmée généreusement offerte par l’USAID. On aura aussi rendu la décentralisation effective et significative, pour que le rôle des communes ne se limite plus à assurer le Catering et l’hébergement des visiteurs officiels. On aura réduit le train de vie de l’Etat. Il aura été, en tout cas, plus réduit que le train minéralier de la SNIM (société minière), réputé le plus long du monde avec 250 wagons.

Désormais, l’argent des séminaires, des colloques et autres ateliers des interminables et sempiternelles sensibilisations, est reversé dans les projets générateurs de revenus des collectivités locales. On aura construit des routes, des ponts, des aéroports, des échangeurs, des passages à niveaux, des toboggans, des gares routières, des chemins de fer, et sciemment, j’en oublie…

Les richesses minières du pays auront été gérées de façon plus transparente que les méthodes de Transparency International, que vous avez déjà jugé, Monsieur le Président, peu transparente elle-même. Nous aurons mis en place des laboratoires et observatoires pour nous dire, avant le départ des containers du port, la teneur exacte de ceci en cela, et de cela en ceci.

La confiance aura aussi été rétablie entre les mauritaniens, pour qu’ils puissent gérer eux-mêmes leurs abondantes réserves en devises, confiées en gérance, par vos bons soins, à la Banque mondiale.

Des votations référendaires, locales, régionales, ou nationales, seront organisées pour que les citoyens se prononcent sur les baux emphytéotiques signés de temps à autre, avec des partenaires qui démontrent ainsi « la crédibilité intérieure et extérieure de l’état ». Les mauritaniens auront ainsi pu savoir, la transparence étant de rigueur, s’il s’agit de 99 ou 999 ans, pour tel ou tel bail.

Tous constateront, que l’évolution quantitative des médias, s’est bien accompagnée d’une amélioration qualitative. Ainsi, en plus de leur passage au numérique (en dépit de leur penchant avéré pour le numéraire), pour les médias officiels, le monde (extérieur comme ils disent) aura commencé à exister, et les régions du pays n’auront plus été qualifiées d’intérieures, parce que nous n’en avons pas, à ma connaissance tout au moins, à l’extérieur.

Nos valeureux présentateurs vedettes auront appris que féminin de Burkinabé n’est pas Burkinbaise. Ils auront cessé de dire aux honorables citoyens, et aux respectables auditeurs et téléspectateurs, que « toutes » les mesures sont prises. Le « toutes » est, me semble-t-il, de trop.

Les hauts responsables se seront accommodés du fait qu’ils sont bien exonérés de nous dire, à chaque reprise, que ce qu’ils font est suite à vos instructions, et qu’il s’inscrit dans votre programme ainsi que celui de votre premier ministre. Vous avez le même programme, à ce que je sache. Nous aurons vu des ministres nous dire qu’il y a des choses qui marchent bien, d’autres qui le sont moins, et certaines qui ne marchent pas du tout. Ils nous édifieront sur les raisons des réussites parfaites, de celles mitigées, mais aussi les causes des échecs. Ainsi, ils auraient gagné en crédibilité, en excluant l’improbable, et peu plausible, zéro échec! C’est ça les preuves de notre émergence, à laquelle nous croyons, et que le FNDU (front de l’opposition) n’a qu’à mettre en doute, et continuer à vivre sa crise politique à lui. En démocratie, à chacun son truc, son machin. La nôtre est déjà certifiée « ISO » par l’UE (union européenne), qui ne supervise plus nos élections, mais envoie des « experts » pour capitaliser nos performances en la matière. Quant à l’UA et la Ligue des Etats arabes ( qui ne savent se liguer que contre l’un des leurs), ils viennent toujours chez nous pour se sourcer et se mettre à niveau.

Dans notre Mauritanie émergente, l’éducation et la santé sont gratuites. Les frais pharmaceutiques remboursés par le plus proche guichet du trésor public. Il suffira d’appeler au numéro vert du SAMU, et vous serez pris en charge dans le quart d’heure qui suit. Selon la distance relevée au GPS, une ambulance ou un hélicoptère médicalisé vous conduira vers un Centre hospitalier spécialisé, où un personnel motivé et mieux attentionné que votre propre famille, s’occupera de vous. Là-bas, vous êtes entre de bonnes mains, et de bons scalpels bien aseptisés. Les médicaments, avec date de péremption prolongée, sont disponibles en abondance. Plus besoin d’accourir vers la  »pharma quelque chose »  d’en face, pour acheter le produit qui sera utilisé par l’anesthésiste consciencieux, et fidèle à son serment d’Hippocrate.

Notre président ne perdra plus son temps à aller incognito, en visite inopinée, pour s’assurer que l’hôpital, ou toute autre administration fonctionnent bien. Ce n’est plus nécessaire, parce que nous avons placé les hommes et les femmes qu’il faut, aux places qui en ont besoin. Ainsi, nous laisserons les contrôleurs et inspecteurs jouer pleinement leur rôle. Rassurez-vous, nous avons enquêté sur la moralité de tous pour savoir qui fait quoi. Peu de choses, en Mauritanie émergente, sont laissées au seul hasard.

En Mauritanie émergente, du second mandat 2014-2019, les impôts seront supprimés, le carburant coûtera zéro MRO (monnaie locale) à la pompe, les prix des matières dites de première nécessité (comme s’il y a une seconde nécessité ?), ne seront plus tributaires des fluctuations du marché international. C’est le montant de leur subvention qui sera indexé aux prix dudit marché. En quelque sorte, un Brunei sur la côte Ouest Africaine.

Les procédures judiciaires deviendront plus judicieuses. On traitera votre cas avec délicatesse, et diligence. Vous serez fixés sur votre sort, très rapidement, pour ne pas dire de façon expéditive. La corruption et les tribunaux ne feront plus bons voisinage. Il suffira qu’un citoyen lambda pointe devant un greffier, pour que sa plainte ou sa requête soit enregistrée et prise au sérieux. Plus la peine de suivre votre dossier, il suivra son circuit normal et dans des délais records. Tachez tout simplement d’avoir un contact, et de le laisser avec le greffe du tribunal. Le contact sera établi avec vous dès que nécessaire.

C’est dans cette Mauritanie idyllique, Excellence, dont rêvent nos enfants, où la vie est simplifiée, comme fussent sobres ses citoyens, sous la tente, dans la case, ou sous l’arbre à palabres, que nous allons laisser nos enfants.

Nous sommes censés partager le même rêve aussi bien pour notre patrie, que pour notre progéniture. Travaillons pour le rendre réalité. Ce n’est pas facile, mais c’est possible. Il suffit d’en avoir la volonté, et garder intacte sa détermination. La mienne ne fera ni défaut, ni défection. Mais j’ai la fâcheuse habitude de toujours dire, dans les formes, et sans détours, ce que je pense. Je sais dire non, mais aussi oui. Mais on ne peut pas faire de moi un béni oui-oui. C’est seulement ainsi que je peux donner un sens à mon existence.

==================================

(*) Expression maure : secret de polichinelle

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.