La ‘’Mise bas’’ d’une Mexicaine

Ceux, parmi vous, qui ont raté sur Facebook, l’image largement échangée de cette Mexicaine qui a enfanté dans une ‘’prairie’’, ont raté une image inoubliable. Ils ont en même temps la chance d’avoir été à l’abri d’une scène de grande désolation.

Ceux, comme moi, qui l’ont vue, ont été choqués, interloqués, abasourdis. Depuis que j’ai visualisé ce spectacle, j’ai peu, ou pas dormi. L’image, loin d’être sublimissime, n’a pas quitté mon subliminal, et demeure présente, en filigrane, derrière tout ce que je vois, en arrière-plan de tout ce auquel je pense.

Il s’agissait d’une femme qui s’est vue refuser l’assistance du personnel d’un hôpital au Mexique, et n’a trouvé d’alternative pour mettre au monde son bébé, que de se réfugier dans un jardin publique. Comme ils ont le flair des clichés chocs, un photographe était là pour immortaliser le moment. Le serment d’Hippocrate, lui n’était pas de la partie.

Cette image, que peuvent, doit faire blêmir tout ce monde qui se dit « civilisé ». C’est comme avait dit le Pape François « La mondialisation de l’indifférence ». On peut y ajouter maintenant, la globalisation de l’indolence.

Cette image est percutante, et à tous les égards choquante. Elle est, par excellence, synonyme de ce que l’Académicien Français Henri Troyat disait de l’un de ses personnages : « un exemple parfait de navrante nullité, de laideur secrète, et de déchéance médiocre ».

Imaginez un seul instant, ne serait-ce que par égoïsme,  que la femme soit votre sœur, votre fille, votre épouse, ou votre maman! Attention! Ceci n’arrive pas qu’aux autres!

Cette pauvre dame doit faire l’objet d’un élan mondial de solidarité, qui ferait penser à toutes celles qui, dans un anonymat sourd et muet, vivent des situations analogues ou pires.

Il arrive, dans le (très) bas monde où nous sommes, d’avoir honte d’être parmi des humains qui se comportent en primats. Ces faits sont un exemple éloquent d’un monde complètement déshumanisé. Comment peut-on qualifier ça ? Crime contre quoi et/ou qui ? Crime biologique, infanticide, homicide ou quoi ? C’est affreux, honteux, minable,  exécrable, et j’en oublie…

Quand je vois une femme obligée d’enfanter dans la brousse loin de tous soins spécialisés et de personnel compétent, je ne peux que crier au scandale, et dire qu’elle  a ‘’mis bas’’.

Pour justifier mon titre, qui exprime fidèlement mon sentiment et mes ressentiments dans cette situation, j’ai voulu savoir pour vous, et pour moi, ce que veut dire mise bas et accouchement.

En effet, comme il se définit dans Wikipédia, « l’accouchement est un phénomène intimement lié à l’humanité. Le processus d’accouchement et tous les aspects qui l’entourent varient donc en fonction des contextes historique, géographique, social et culturel. Ces contextes influencent les positions d’accouchement, les conditions dans lesquelles l’accouchement a lieu, les personnes du monde médical ou non qui entourent la parturiente (sage-femmeobstétricienpère…) ainsi que les lieux d’accouchement (accouchement assisté à domicilehôpitalmaison de naissance) » .

Vous avez bien lu avec moi, à domicile, hôpital, maison de naissance. Il n y a pas de gazon ou jardin publique. N’est-ce pas ? C’est ça l’accouchement.

Quant à la mise-bas, l’animal qui a le plus de similitude avec notre solitaire Mexicaine, est la Chienne.

Les conditions pour le bon déroulement d’une mise bas sont au nombre de cinq. Je vais vous faire l’économie de trois parmi elles qui présentent des détails gynéco-obstétricaux sans intérêt pour notre noble cause. Les deux essentielles sont : (i) l’environnement de la chienne ne doit pas être perturbé ; (ii) elle doit être au calme. Vous voyez la parfaite symétrie entre ces prescriptions et notre cas ? Ce n’est pas fini. J’ai encore un élément assommant qui prouve que cette dame a été contrainte, le temps de la mise au monde d’une partie d’elle, à se comporter en ‘’Chienne’’. Les spécialistes disent : « La femelle reste souvent en position assise durant les efforts d’expulsion ». Jetez un regard sur la photo de la dame et son bébé, et vous constaterez que la similitude est parfaite.

Je vous ai épargné, sauf les plus curieux, le processus de vêlage, au cours duquel la vache est entourée des meilleures attentions et tous les bons soins. En fait, je trouve que ce drame est déjà vachement triste, et que ces exemples sont suffisamment parlants.

A la suite de ce spectacle de désolation, j’ai réalisé qu’avant d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), nous avons encore devant nous, au moins, un millénaire d’Ostentation de la Médiocrité et la Décadence (OMD).

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