Ma girafomania

Je ne les voyais que sur de belles photos, ou à la télévision. Elles m’ont toujours ébloui. Mais depuis que j’ai eu l’opportunité de les voir, en chair et en os -comme on dit-, j’ai été atteint d’une maladie qui, malgré que je la crois incurable, me donne l’irrésistible envie de vous la transmettre, si la contagion peut être effective par ma modeste écriture et votre aimable lecture. C’est de la Girafomania qu’il s’agit. Je suis tombé sous le charme des girafes, depuis ma fameuse visite à la réserve de Kouré, dont je vous promets le compte-rendu dans un prochain billet. Avant cela, j’ai préféré d’abord vous fournir des éléments à même de mieux vous faire connaitre cet animal, à la majestueuse élégance et à la démarche impériale.

La girafe (Giraffa camelopardalis) est un mammifère ongulé ruminant, originaire des savanes africaines et répandue du Tchad jusqu’en Afrique du Sud. Le mot girafe vient de l’arabe زرافة ( zarāfah).

La girafe a acquis une anatomie unique avec un cou particulièrement allongé qui lui permet notamment de brouter la cime des arbres. Ce cou est composé de 7 (sept) vertèbres cervicales, dont chacune peut mesurer 40 cm.

Il y a des divergences entre scientifiques concernant les sous-espèces. Il y en a 9 généralement acceptées, avec quelques variations de couleurs et de répartition géographique :

Il s’agit de l’animal le plus grand en hauteur, pouvant, grâce à la longueur de son cou, atteindre jusqu’à 5,50 m ou même 5,80 m.  

Le poids d’une girafe varie entre 750 et 1100 kg pour les femelles et peut aller jusqu’à 1500 kg pour les mâles. Les femelles girafes mesurent, à l’âge adulte, entre 4,00 m et 4,60 mètres de hauteur, soit 4,30 m en moyenne.

Son espérance de vie, en liberté dans la nature, est de l’ordre de 26 ans; et peut atteindre en captivité plus de 36 ans. Son pelage à dominante rousse est réticulé ou tacheté de jaune ; son ventre est blanc. Sa queue, mince et longue, terminée par un pinceau de poils noirs, mesure de 70 cm à 100 cm.

La tête porte deux ossicônes, des appendices osseux recouverts de peau. Les ossicônes des femelles sont couverts d’une touffe de poils tandis que ceux des mâles en sont pratiquement dépourvues après quelques combats. Les mâles développent parfois en plus des dépôts de calcium sur leur crâne qui finissent par donner l’impression qu’un troisième ossicône est présent.

Contrairement à une idée répandue, les girafes possèdent des cordes vocales mais elles n’émettent que très rarement des sons, s’appuyant davantage sur la vision que sur l’audition pour communiquer par le biais, à titre d’exemple, de postures et des mouvements du cou et de la tête. Néanmoins, il est possible d’entendre les girafons crier en situation de stress. Le cri de la girafe se rapproche du beuglement des bovins.

Il est à noter que la girafe est le seul mammifère terrestre qui ne bâille pas.

Son cœur de 11 kg, au myocarde renforcé, pompe 60 litres de sang et bat entre 170 et 200 pulsations par minute, ce qui donne une pression artérielle deux fois supérieure à la pression humaine. Dans les artères du cou, tout un réseau de muscles annulaires aide à hisser le sang jusqu’au cerveau. Dans les veines, des valvules orientent le sang vers le cœur. Il faut bien une puisante pompe pour irriguer un cerveau si haut placé !

Les phlébologues de la NASA ont d’ailleurs copié son réseau sanguin pour réaliser la combinaison anti-G des pilotes de chasse et astronautes.

Lorsque l’animal baisse la tête au sol, les valvules de la jugulaire sont fonctionnelles et empêchent le sang de retomber vers le cerveau (ce qui conduirait à un « voile rouge »).

En bas des jambes où la pression est énorme, un système de capillaires sanguins très résistants (le rete mirabile, ou merveilleux réseau), comparables à ceux de l’espèce humaine, empêche l’œdème fatal.

Lorsqu’elle court, elle va à l’amble, à l’instar du chameau ou de l’ours, c’est-à-dire qu’elle lève ensemble les deux pattes du même côté. En vitesse de croisière, elle court à 15 km/h mais peut accélérer à 56 km/h en prenant un curieux galop. Les pattes avant se lèvent ensemble mais largement écartées pour éviter que ses sabots s’entrechoquent.

Son galop particulier est facilité par son long cou qui balance et crée l’équilibre, grâce à un petit muscle spécial qui le tire en avant.

La girafe se nourrit de feuilles d’arbre très nutritives, essentiellement des légumineuses, riches en sels minéraux car la girafe a besoin de 20 g/jour de calcium. Elle peut occasionnellement se nourrir de fleurs, fruits, graines ou cosses. Sa consommation quotidienne va de 7 kg (nourriture rare) à 70 kg (nourriture abondante).

position girafe pour boire

Girafe s’abreuve

Elle ne se nourrit ou ne s’abreuve au sol qu’en écartant les pattes de devant ou en pliant les genoux, après avoir bien inspecté les alentours. Elle lève souvent la tête entre deux gorgées lorsqu’elle est dans cette posture périlleuse, mais elle trouve l’essentiel de ses besoins en eau dans la nourriture et ne va boire que tous les 1 à 2 jours.

Les acacias de la savane ont atteint des tailles leur permettant d’échapper aux zèbres et aux antilopes, mais leurs feuilles les plus tendres poussent entre 2 et 6 mètres, ce qui constitue pour la girafe la hauteur idéale et sa niche alimentaire.

Sa langue bleue et préhensile est la plus puissante, la plus coriace et la plus longue (55 cm) parmi les ongulés. Elle peut l’allonger pour atteindre les pousses les plus tendres entre les barrières d’épines d’acacias.

La girafe n’a pas d’incisives à la mâchoire supérieure. Elle saisit donc les pousses d’acacias avec sa langue, puis les guide entre ses lèvres, referme la bouche et tire la tête en arrière pour racler les feuilles grâce à ses dents du bas.

La saison des amours a lieu toute l’année avec un pic de naissances en décembre et en mai. Les girafes ne se reproduisent qu’une fois tous les deux ans. 

Le grand mâle parcourt les pâtures des femelles pour trouver une partenaire. Il tente de dominer ses rivaux en leur coupant le passage et en dressant sa tête le plus haut possible. Le combat éclate lorsqu’un rival refuse de baisser la tête, de laisser le passage, ou fronce la lèvre en sa présence.

Dans les combats de girafes, les mâles utilisent leur tête comme une massue, qui est lourde, cornue et bosselée (comportement appelé necking). Ses ossicônes sont massifs et durs comme de l’ivoire et sur son front pousse une excroissance osseuse, la corne médiane.

Les deux mâles se cognent jusqu’à ce que l’un d’eux abandonne. La tête d’un mâle de 15 ans pèse 10 kg de plus que celle d’un jeune adulte de 7 ans, ce qui lui permet de gagner à tous les coups, mais le perdant est rarement tué et ils ne se battent jamais à coups de sabots.

Une fois qu’un mâle a conquis une femelle, ses amours sont caressantes et paisibles, avec beaucoup de coups de langues.

La maturité sexuelle est acquise au bout de 3 ans pour la femelle, et 4 ans pour un mâle La girafe peut commencer à mettre bas dès l’âge de 5 ans. La gestation dure entre 20 et 23 mois. La mise bas s’effectue debout et le girafon tombe de près de deux mètres de haut. Il y a des risques que le girafon meure à la naissance, car en tombant il peut se blesser, et notamment se briser la nuque, même si cela reste exceptionnellement rare. La girafe met au monde, le plus souvent, un seul petit à la fois; exceptionnellement deux.

À la naissance, le girafon mesure 2 mètres pour un poids variant de 40 à 80 kg. Les jambes sont plus longues que le cou et sortent les premières. Sur la tête, deux touffes de poils noirs recouvrent les cartilages des futurs ossicônes, qui se souderont avec les os du crâne. Il s’agit de l’un des rares animaux dont les appendices crâniens existent dès la naissance.

La girafe n’adopte son petit que s’il est capable de se tenir rapidement debout (généralement au bout de 15 minutes) et de stimuler la lactation. Au bout d’une heure, il doit tenir sur ses pattes pour atteindre les mamelles de sa mère où il pourra se nourrir d’un lait très gras. Dans le cas contraire, elle l’abandonne ou même le tue.

La mère se fait comprendre de son petit en le caressant avec le bout de son museau ou avec un langage sonore d’une fréquence trop élevé pour les humains. Elle l’incite ainsi à la suivre et à la téter, créant ainsi le lien maternel.

Le girafon grandit de 1 mètre durant la première année de sa vie. À six mois, il approche les 3 mètres et à 7 ans, il aura sa taille d’adulte avec un minimum de 5 mètres.

Le sevrage intervient au bout de 12 à 16 mois mais le girafon peut rester avec sa mère jusqu’à l’âge de 2 ans et demi. 

Adulte et en bonne santé, la girafe n’a à craindre que le lion, et encore : elle peut le voir s’approcher de loin et d’une ruade lui briser le crâne ou les côtes, ou encore le semer à la course, car elle est aussi rapide que lui

Par contre les jeunes qui échappent à la surveillance de leur mère ou isolés du troupeau et les sujets affaiblis par la vieillesse, la maladie ou une blessure, peuvent être la proie de prédateurs comme les lions, les hyènes rayées, les hyènes tachetées, les léopards ou les lycaons. C’est ainsi que trois girafons sur quatre se font tuer avant l’âge de trois mois. Aux points d’eau, les girafons peuvent aussi être victimes des crocodiles.

Girafes dorment debout

Girafes dorment debout

La nature et la durée du sommeil des animaux est fonction de leur position dans la chaîne alimentaire. Par exemple, le lion, Roi de la Jungle, dormirait jusqu’à vingt heures par jour.

Nous avons vu plus haut que le lion est quasiment l’unique prédateur craint par les girafes. En zones où elles le craignent, les girafes dorment très peu, ou pas. Moins de 2 heures pour 24 heures, et de préférence le jour, car elles peuvent continuer à surveiller l’horizon.

En réalité, elles somnolent debout (sommeil paradoxal), les yeux grands ouverts et pas plus de 3 minutes d’affilée. La girafe se repose et dort debout, et en position de vigilance absolue.

sommeil profond girafe

Girafe dort au sol

Ce n’est que si elle se sent parfaitement en sécurité qu’elle se reposera et dormira par terre. En effet, de par sa stature, elle met beaucoup de temps à se relever, en cas de menace ou d’urgence, ce qui la rend vulnérable aux prédateurs.