Depuis 2001, chaque jour est 11 Septembre

C’était hier le 11 septembre. C’est aussi aujourd’hui et demain. C’était, on ne peut l’oublier, un jour maudit de l’année 2001. Depuis lors, tous nos jours et toutes nos nuits, sont des « nine eleven ». Autant dire, des calvaires et des cauchemars. C’est une situation avec laquelle nous allons devoir nous accommoder pour plusieurs générations à venir. 

A l’occasion de ce triste anniversaire, nous devons avoir une pensée méditative aux victimes innocentes d’une machination diabolique, et d’une monstruosité qui constitue le comble de l’ignominie et de la lâcheté. 

Nous ne devons jamais oublier les pauvres passagers des avions. Et pour mieux mesurer l’ampleur de l’absurdité de ce qui est arrivé aux usagers de ces vols, imaginons un instant que nous pouvions être à bord de l’un d’eux. Ça n’arrive pas qu’aux autres, ces choses-là.

Chacun d’entre nous aurait bien pu être, tout bêtement, à bord de l’un des multiples jets qui, ce jour-là, se sont mués en une escadrille macabre.

Nous devons aussi penser aux occupants des Twins Towers du World Trade Center et immeubles avoisinants, à celles et ceux qui étaient dans une aile du Pentagone, sans oublier ceux qui ont accouru pour secourir les victimes, et ceux qui, par malheureux hasard, passaient par cet endroit à un très mauvais moment.

Nous avons tous le devoir de maudire, et pour l’éternité, les auteurs déshumanisés de cet acte ignoble, abject et abominable. Ils se sont trompés d’objectif en voulant changer le monde, tandis que c’étaient eux qui devaient changer de monde.

Ils prétendaient servir l’Islam, et ils l’ont diabolisé à jamais. Ils avaient la prétention de représenter les musulmans, et ils en ont altéré l’image de façon irrémédiable et durable.

Depuis ce jour tristement mémorable, le monde a changé. Mais pas comme le voulaient ceux qui ont commis ces atrocités, notre vie de musulmans a basculé dans le chao total et le calvaire absolu. Il suffit aujourd’hui que tu te fasses appeler Mohamed, Ibrahim, ou Abdellah, pour que l’agent d’autorité te regardât, par-dessus ses lunettes, de manière qui cache très mal un mélange d’inquiétude, de mépris, et de suspicion.

Il suffit que tu aies, comme moi, un ventre un peu prononcé pour qu’on te passe aux rayons x, gamma, oméga, et Fukishima. On doit s’assurer que ce qui pointe de ton auguste postérieur, est inoffensif, et n’est pas du tout explosif. Les rayons, toutes gammes confondues, devront prouver, sans équivoque, que ce qui est sous tes vêtements, n’est autre que ce qui, pudiquement, doit être couvert par tes sous-vêtements. 

Autant dire, que depuis le 11/9, il n y a plus d’intimité. Elle a laissé la place à une déplorable et irrémédiable inimitié. Depuis cette date tristement célèbre, tous les instants sont devenus des 11 Septembre. Combien y a-t-il de champs de bataille aujourd’hui, sur lesquels, ou à cause desquels meurent quotidiennement des innocents. Combien de guerres sont-elles en gestation ou en couveuse ?

Combien de lieux de cultes fait-on exploser tous les instants ? Combien de personnes meurent-elles dans des cérémonies de mariage, dans des restaurants, ou au cours de cortèges funèbres qu’on fait sauter aux explosifs avec une violence qui n’a rien à envier à une bombe H. Tout le monde vit sous la hantise d’un ennemi invisible, et d’une menace imprévisible. 

Tout cela pour des considérations soi-disant religieuses. La religion, par essence, ne peut s’exprimer par la violence. Mais par l’éloquence du verbe, la pertinence des idées, la ferveur dans les croyances, et la tolérance dans les pratiques, elle peut s’imposer à ses adeptes. 

Il est vrai que le Monde dans lequel nous vivons est loin d’être parfait. Il est d’ailleurs plus qu’imparfait. Mais nous ne pouvons le changer par l’épée ou le lance-roquette. Mais avec la sagesse, le dialogue civilisé, et le sens de la retenue.

La situation de notre « très » bas monde se trouverait nettement améliorée, si on se mettait, et sérieusement, à réparer les injustices criantes, les tares humiliantes, les disparités navrantes, et les déséquilibres destructeurs. Ainsi, et seulement ainsi, nous pourrons arriver à capitaliser notre merveilleuse diversité, pour mieux conjurer les risques d’une regrettable et redoutable adversité.

Je voudrais qu’on comprenne que le Nine Eleven n’a pas été seulement cet attentat à l’issue duquel on a transformé les deux tours jumelles en amas fumants de décombres, et compté trois milliers de victimes. La blessure a tété plus profonde que le cratère qu’ont laissé les tours au Ground 0. 

La cicatrice est, malheureusement, loin de se fermer. Les guerres d’armées régulières et rebellions civiles continuent à faire rage. Le printemps Arabe que d’aucuns avaient considéré comme une répercussion positive des suites du 11/9, ne cesse de faire des dégâts, montrant ses limites. Sans exagération, on peut dire que les fleurs et feuilles dudit printemps s’étiolent au fur et à mesure que le temps passe.

La raison, à mon humble avis, est qu’on essaye d’accommoder des choses qui ne peuvent pas l’être. En effet, la Politique et la religion ne peuvent aller de pair et, au même moment la religion ne fait pas bon ménage avec l’argent. Mélangée à la religion, la politique perd ses repères naturels, et la religion perd sa spiritualité. 

Associée à l’argent, la religion, quant à elle voit sa divinité sérieusement altérée. Que tout le monde se souvienne de cet événement et en tire la leçon que seule la tolérance, le respect et l’amour de l’autre, constituent un gage de coexistence pacifique. Le respect de l’autre, dans la différence de race, de croyance, d’opinion, et d’obédience, s’impose à tous. Ceci sera d’autant plus facile si l’on comprenait qu’on est toujours un autre pour l’autre. 

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