Le Français facile et l’autre Français

l'autre français

                                                   français facile

Ce qui fait la richesse de la francophonie et son charme aussi, c’est qu’il y a français et français. Ne pensez pas que je fais des parallèles, ou des similitudes quelconques avec ce qu’avait exprimé, une fois, au sujet de l’islam, M. Nicolas Sarkozy, avec ses fameux Islams.

Je ne vais pas prétendre qu’il y a un français de France, et un français hors de l’Hexagone. Le français est unique, qu’il soit en France ou ailleurs. Sa souplesse et sa flexibilité servent son universalité.      

Il y a, certes, des différences qui le valorisent, en France même, selon les régions. L’inimitable et emblématique accent du Midi, en est un exemple éloquent. En Belgique, en Suisse, et au Québec, la langue de Molière s’accommode très bien des exigences et contraintes phonétiques spécifiques.

On prononce la langue différemment aussi, mais avec la même délectation, qu’on soit en Afrique du Nord, au Sahel, ou en Afrique de l’Ouest … ou à Madagascar. La prononciation ‘’avalée’’ du Français au Sud-Est asiatique lui donne une saveur singulière. Ces différences ont même contribué à enrichir le vocabulaire.

Je crois savoir que certains mots, dont essencerie, largement utilisés dans le parler-français africain, ont été adoptés par l’Académie française. Je me souviens avoir vu très récemment sur Mondoblog, un collègue dont le nom ne me revient plus, faire des efforts louables et soutenus pour nous traduire, en français, le français local de son pays.

Mon compatriote, Sneiba Mohamed, selon mes informations, serait en train d’élaborer un lexique des mots de français introduits dans le dialecte arabo-berbèro-français parlé par les Maures de Mauritanie.

Personnellement, j’étais inquiet pour la langue française. J’étais un soutien indéfectible –et le demeure– de Bernard Pivot dans la défense du français devant l’invasion, d’abord des anglicismes, et maintenant de l’anglais tout court, que certaines universités de France adoptent pour attirer les étudiants des pays émergents.

Mais, j’ai été particulièrement rassuré sur le devenir du français, lorsque je suis tombé sur un document du site mauritano-parisien kassataya.com, qui montre un attachement acharné, de pays insoupçonnés, à s’exprimer, vaille que vaille, en français, aussi lugubre soit-il.

Au Moyen-Orient, je comptais l’Egypte, en raison de son passé napoléonien, parmi les pays où la francophonie compte des adeptes. Je savais qu’au Liban et en Syrie, des traces indélébiles de francophonie ont été marquées par l’histoire. Mais au Yémen, c’est le site cité plus haut, qui m’a fait découvrir une surprenante, et peut-être, amusante réalité.

« Qui disait que la langue française était en danger ? Qu’il se rassure. Il y a au Yémen, des défenseurs irréductibles de la langue de Molière qui, avec l’énergie du désespoir se cramponnent au français sans rien renier de leur arabité.

On ne peut qu’être désarmé par la détermination et l’entêtement avec lesquels la présentatrice du JT tient à faire son travail avec un sens élevé du devoir. Qualité de la viande importée, Coran, infrastructures, tourisme…

On le savait, la communication est un exercice périlleux. Que ceux qui en douteraient et qui viendraient à vivre au Yémen veuillent bien nous traduire en français ce JT, tenez-vous bien, en… français. Sur la première phrase de ce JT, je veux bien faire un effort et vous donner quelques pistes. Il est question de santé publique et à la fin, on devine que la présentatrice parle de « certificatio de la santé et de maladie, de bon santé de animaux emportés ». C’est à y perdre son latin. »

« Au moment où chez leurs cousins de Mauritanie un député s’en prend à la langue française emboîtant le pas à la présidente de la Communauté urbaine de Nouakchott, il y a de quoi redonner le sourire… et l’espoir. Prévoir tout de même la traduction simultanée. Pour les urgences. »

Je regrette profondément le fait de ne pas avoir la technicité requise pour vous sous-titrer cette vidéo. En plus, elle est, pour la télévision yéménite de Aden, en vrai français. En conséquence, le sous-titrage serait superflu. Je compte sur votre patience pour suivre la totalité de ce journal télévisé en français yéménite. Vous entendrez, en vrac, les oiseaux, les animaux emportés (ou importés) par je ne sais quel phénomène (ou de quel pays), le pétrole Brent (je crois?), le premier ministre Bassendoua, et ainsi de suite, et Bla, Bla, Bla…


Un effort à primer par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à étudier par Yvan Amar qui a l’exceptionnel don de »faire danser les mots », et l’impressionnant talent de nous décortiquer et disséquer les mots de l’actualité. Il est aussi à capitaliser avec le « français facile » de rfi qui nous facilite la compréhension de l’information, et un modèle à classer, peut-être, comme « français inintelligible ».

L’effort remarquable de cette Speakerine, aurait donné plus d’arguments à Hervé Bourges, pour étayer son assertion « Le Français, un enjeu du XXI ème siècle , dans son livre, publié chez Karthala, sous le titre Pardon my French, et auquel j’avais consacré un modeste billet.

 

 

 

(2 commentaires)

  1. Beau billet, savoureuse vidéo que je ne me lasse pas de redécouvrir… Mais je me garde aussi de la moquerie, car ma prononciation de l’arabe, de l’hindi, du chinois ou même de l’anglais est celle d’un … français un peu hexagoné quoi qu’il tente !
    Sourire

    1. Merci cher ami pour ce passage, et ce commentaire qui se passe de …commentaires!
      Il n’est nullement question de moquerie, mais plutôt de la « richesse » de ce trait d’union qu’est pour nous, français et francophones, la langue française.
      Cordialement, Debellahi

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