Après les ordures, les cimetières ?

Les ordures ménagères ont fait l’objet ces derniers temps, d’une attention particulière. Celle-ci a donné lieu à une ‘’campagne‘’, dont l’opportunité et la pertinence ont fait l’objet d’appréciations plus que mitigées. Comme je l’ai exprimé dans un récent billet, il est aussi permis de douter de la pérennité de telles actions.

Comme évoqué dans le même billet, ces quelques semaines consacrées à la ville de Nouakchott, « notre jeune capitale », pour lui donner le visage qu’elle mériterait, ont eu pour conséquence – j’allais dire le mérite – de déboucher sur une nouvelle approche pour l’organisation de la ville, et la gestion de nos ses déchets. Ainsi, les neufs départements (Moughataas) ont été réparties, à part égale, entre trois wilayas (régions), issues de la ‘’métastase’’ administrative de notre capitale.  

Mon souhait le plus ardent est que la nouvelle dynamique soit couronnée de succès, et qu’elle se poursuive pour améliorer d’autres aspects de la gestion, de plus en plus complexe, de cette mégapole qui s’agrandit dans une rapide et peu maîtrisable anarchie.

Parmi les questions que je voudrais voir priorisées, figure, en ligne de mire, celle des pompes funèbres et des cimetières. Cette question récurrente, et particulièrement importante, ne semble préoccuper personne, à part moi.

A en croire que j’ai une peur bleue de la mort, ou un devoir personnel vis-à-vis des morts. Pour être sincère et honnête avec vous, je vais vous avouer qu’il y’a, effectivement, de cela.

Pour ce qui est de la redevance, il y a des êtres qui m’étaient très chers, et auxquels je demeure attaché, bien qu’ils aient quitté ce si bas monde. J’ai failli dire, ont eu la chance. Quant à la peur, je ne connais personne qui serait encline à fêter la mort de son pire ennemi, a fortiori, célébrer, en grandes pompes, la sienne.

Cumulés, l’inquiétude et l’attachement m’incitent à visiter, de façon plus ou moins régulière, les trois grands cimetières de Nouakchott. Le désordre et l’anarchie qui y règnent m’avaient conduit à les appeler « les enterroirs ».

Je trouve donc d’une impérieuse nécessité, et d’une impérative urgence, qu’il soit procédé, sans délais aux mesures suivantes:

  • l’aménagement d’un grand cimetière municipal, loti et structuré, de manière à ce qu’il soit gérable sur le plan pratique, et maîtrisable du point de vue éthique et juridique;
  • à la création d’un service de pompe-funèbres, doté de moyens suffisants pour gérer ledit cimetière. Il est quand même insensé qu’une dépouille attende à la morgue un taxi-brousse, pour se faire emmener par n’importe qui. Il est aussi débile, à mon sens, qu’on puisse, dans un état, supposé de droit, enterrer n’importe où, n’importe quoi, et n’importe quand.
  • à la fermeture officielle, et effective, des ‘’enterroirs’’ actuels. J’insiste sur ‘’effective’’, car certains cimetières affichent la fermeture officielle, mais je constate régulièrement que cette mesure n’est pas respectée. Y’aurait-il des VIP même aux cimetières ? Le plus grave est que selon certaines rumeurs, il s’agirait de faveurs en contrepartie de compensations sonnantes et trébuchantes !!!

Ces mesures ne sont pas contradictoires avec d’éventuelles exigences d’intimité exprimées par les défunts, parmi leurs dernières volontés, ou que leurs familles, elles aussi, souhaiteraient garder. Mais il y a des responsabilités qui y incombent à l’Etat, et auxquelles il ne devrait, en aucun cas, se soustraire ou se dérober. Il n y a pas plus probant que les exigences sécuritaires. Le numéro national d’identification devrait être inscrit sur la tombe. Le certificat de décès doit faire partie des documents gérés par l’ANRPTS (agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés). On peut avoir besoin, plus tard, d’une autopsie ou d’un ADN, ou toute autre vérification. Qui sait ? Un Etat ne laisse pas la place libre à l’à peu près. Les sépultures devraient faire l’objet d’un adressage qui, associé à une numérisation au niveau du cimetière, faciliteraient le repérage de la tombe, au besoin.

Avec un dispositif pareil, je peux me dispenser de toutes les précautions que m’avait inspirées la réflexion de Coluche qui souhaitait, si on lui en donnait la possibilité, mourir de son vivant.

Ainsi, je peux aussi ne pas avoir les soucis du grand artiste Zao, dans sa célèbre chanson Corbillard.

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