La gabegie est dégoûtante

Dans une déclaration publiée dans plusieurs médias nationaux au sujet de la crise de la SNIM, l’ancien colonel Ely Ould Mohamed Vall, considère que « la grève que vit actuellement l’entreprise doit être comprise comme un cri du cœur des travailleurs pour mettre fin à la gabegie qui ronge leur entreprise ». 

Quand  Ely s’insurge contre la Gabegie, il faut vraiment se rendre compte que la situation a dépassé les limites, et qu’une vraie pagaille s’est installée au pays.

Ely, n’aime pas la gabegie. Il ne la supporte pas. Surtout quand elle est comportement émanant d’autrui. Il ne la supportait pas durant ses 20 (vingt) années à la tête de la sûreté nationale. Il y était allergique lorsqu’il déclenchait l’alerte, pour inciter Maouiya à ouvrir, non seulement les coffres, mais aussi les chambres fortes, pour « faire face aux complots » parfois Nassériens, tantôt Baasistes, rarement Kadihines, le plus souvent Négro-mauritaniens. Ces derniers voulant, selon lui, coûte que coûte, prendre de force le pouvoir, et exterminer tous les maures Beidanes. En tous cas, il fallait pour chaque période son complot. Une sorte de complot permanent, à la Sékou Touré. Le complot était la vache à lait. Plutôt, la planche à billets.

Ely, a horreur de la gabegie. Il tient au respect de la « chose » publique. Même si, par commutativité, l’état étant lui, et lui devenant l’état, elle se transformera, par alchimie, talisman, ou gris-gris, en sa chose à lui. Un système incolore, insonore, et inodore. La perfection, en somme. Une anecdote se raconte par les Nouakchottois, que ses enfants avaient trouvé le palais présidentiel, où ils auraient résidé pendant la transition 2005-2007, trop exigu et un peu asphyxiant par rapport à leur respectable demeure privée (de rien du tout, dieu merci).

Ely est allergique à la gabegie. Je me souviens qu’à sa prise (mise au) du pouvoir, il avait fait réunir tout ce que le pays comptait comme « cadres » pour leur dire : « certains volent les biens de l’état, et ils sont traités en héros. On leur organise même des fiestas et fantasias. Ils devraient plutôt avoir honte« . L’assistance, comprenant tout ce que le pays comptait (ou presque) comme grands voleurs et petits escrocs, avait applaudit pieds et mains confondus.

Personnellement, j’étais tout à fait d’avis, comme Ely, qu’il fallait avoir honte quand on est un voleur de deniers publics. Moi, en les regardant à la télé, j’en étais resté blafard. Eux, au Palais des congrès, dans la salle et sur le podium, je ne les avais pas vus blêmir. Savez-vous pourquoi ?  Comme avait dit l’un des avocats des négro-mauritaniens présumés putschistes « dans le genre de procès qui nous réunit aujourd’hui, la limite entre législateurs et criminels est indéfinissable : les premiers sont ceux qui réussissent, et les seconds  ceux qui ratent leur coup d’état.  Ceux que j’ai l’honneur de défendre ont raté le leur. Ils tombent donc sous la « loi » de ceux qui avaient réussi le même forfait avant eux ».  Ainsi, en devenant président du CMJD (comité militaire pour la justice et la démocratie), tous ses péchés étaient donc absous. Ce qui est certain, depuis lors, nous n’avons vu ni justice ni démocratie.

La déclaration de Ely Vall, comme préfèrent l’appeler ceux qui  font sa promotion, est justifiée par la gravité de la situation, les risques encourus. Elle est, je le reconnais, bien faite et suffisamment argumentée. Mais je tiens à préciser au (x) responsable (s) de communication de Ely Vall, qu’il n’a jamais été président de la République. Ce titre, on l’obtient seulement par le suffrage universel, direct ou indirect. Le score qu’il avait réalisé aux élections ne lui permet nullement d’usurper et se coller ce prestigieux titre.

A mon sens, si Ely avait eu le courage de faire une déclaration similaire au moment de la crise de 2008-2009, pour laquelle il a été sollicité, voire imploré, le cours de l’histoire aurait peut-être été différent pour lui, et son pays ! Il allait attendre que toutes les péripéties de négociations soient terminées, pour déclarer qu’il « se présentait devant le peuple mauritanien ». A cette déclaration surprenante, il recevra des mauritaniens une réponse cinglante à travers le verdict des urnes,

Voilà comment, parfois, on négocie mal les virages de l’Histoire ! Ely, n’a pas de leçons à donner aux mauritaniens. Pas de morale politique, surtout. Qu’il passe sa paisible et riche retraite, avec son statut parachuté de père de la bâtarde et chimérique démocratie (démogâchis selon MEDSNIB, et Démagocratie,  selon un blogueur Haïtien) mauritanienne. Son avenir politique est, malheureusement,  derrière lui.

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