Sep 26

Claude est toujours là

hommage à Cridem

      Claude et Diop Moustapha

Une année déjà. Une longue, très longue année. Une année particulièrement paradoxale : nous n’avons cessé de penser à toi et de te regretter, et au même moment  nous n’avons cessé de te sentir toujours parmi nous.

Tu es avec nous en permanence, Claude ! Comme l’avait dit un poète « n’est pas mort un arbre qui a laissé son tronc, ses branchages et ses racines ». Toi,

tu t’es profondément ancré ici : (1) le tronc est toujours là, avec ce Carrefour (Cridem), dont tu es le co-géniteur, et qui, contre vents et marées, s’est imposé comme socle pionnier parmi ceux qui ont contribué à imposer la chère liberté d’expression à laquelle tant de mauritaniens aspiraient, et pour laquelle autant se sont sacrifiés ;  (2) les branchages sont nous, ces milliers de Cridémiens (comme les avait appelé si sympathiquement Mohamed Hanefi, notre Koweitien national) ; (3) les racines sont cette culture de liberté qui s’est imposée comme choix irréversible et incontournable, et ces  »soldats inconnus » qui, depuis ton départ, tiennent si bien le gouvernail .

Nous, Cridémiens ou non,  avons trouvé, toutes tendances, opinions, sensibilités ou obédiences, une tribune largement ouverte pour nous exprimer sans la moindre contrainte. Je me souviens qu’une fois, encouragé par la complicité positive qui s’était établie entre nous, grâce à ton sens élevé de la communication et du respect de l’autre, je m’étais permis de te demander de faire corriger nos multiples fautes d’orthographes, nos lacunes de ponctuation, d’harmoniser nos temps rarement en concordance, etc.. La réponse était venue, rapide, mesurée, mais tranchée : « nous ne souhaitons que personne n’aie l’impression d’être censurée. Nous tenons à ce que chacun s’exprime, non seulement comme il veut, mais aussi comme il peut ».

Aussi compréhensif que tu étais sur les faiblesses de tout un chacun, tu étais aussi intransigeant sur les principes. Dans ce cadre, il me revient t’avoir interpellé au sujet d’un posting dont l’auteur s’adonnait à toutes sortes d’insultes et d’invectives à l’encontre d’une autre personne.

Je n’avais aucune affinité, ni avec l’auteur, ni avec la ‘’victime’’. Je trouvais simplement, comme je te l’avais expliqué, que cet écrit n’apportait rien aux lecteurs, parce qu’il ne concernait qu’une querelle ou haine personnelles entre des individus. A ma grande surprise, et parfaite satisfaction, je constatai peu après, que le document avait été mis en corbeille. Il avait simplement échappé à la grande vigilance de l’équipe de vérification et de mise en ligne.

Ces deux cas, loin de refléter la totalité de ce que tu voulais et valais, sont, à mon avis, tout à fait probants pour ce qui est de ton professionnalisme, ton intégrité, et que tes éminents successeurs s’emploient à perpétuer.

Ton voyage nous a beaucoup diminués. Tu es présent dans nos cœurs, mais tu nous manque énormément. Nous sommes fidèles, rassure-toi, à tes idéaux. Ici, en ce bas monde, nous prions pour toi, pour le repos de ta généreuse et aimable âme. Que nos prières soient exhaussées. Quant à toi, dans ton univers paradisiaque, je sais que tu as une pensée pour nous, et que tu as imploré le tout puissant d’absoudre nos nombreux péchés.

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