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Juin 29

Le mois béni ne finit jamais

Famille pauvre d'Afrique

        La précarité

Je vois tout le monde exprimer de profonds regrets pour la fin du mois béni de Ramadan. Il est établi que ce mois se singularise par rapport aux onze autres de l’année, entre autres, par le fait qu’il est celui durant lequel le saint Coran fut révélé au Prophète Paix et salut sur lui. En réalité, le mois béni ne finit pas. Les comportements qui sont vivement recommandés durant ces trente ou vingt neuf jours de Jeûne, devraient marquer notre vie quotidienne durant toute journée qu’il nous est écrit de vivre.

Le Ramadan n’est autre qu’un exercice de piété, de dévotions, d’abstinence, d’endurance, de générosité et de solidarité. Il est de passage chaque année pour nous interpeller et nous rappeler, en nous abstenant de manger et de boire du matin au soir, qu’il existe, dans ce monde « de navrante nullité, de laideur secrète et de déchéance médiocre »  comme l’écrivait Henri Troyat de l’Académie française, des être humains qui n’ont pas accès au minimum vital.

Quand j’entends certains avancer les statistiques de « ceux qui vivent en deçà du seuil de pauvreté« , une pléiade de questions taraude continuellement mon très simple esprit : cette assertion a-t-elle un sens, une signification, les deux à la fois, ou aucun des deux ? Je crois, sincèrement, que non ! Sous un tel seuil, la vie est impossible, tout au moins une vie normale. Il peut exister des niveaux de richesse qui autorisent l’utilisation des superlatifs et comparatifs « plus/moins riche que… ». Mais quand on est pauvre, on l’est tout net. Le reste est raisonnement d’économètres et autres matheux  qui ont, plus ou moins, la latitude de travailler des deux côtés du zéro.

Ce n’est pas là un excès de pessimisme, mais une forte dose de réalisme que je  vais essayer de conforter avec un brin d’optimisme et d’espoir. La vie n’est-elle pas faite d’espoir ? Laurent Fabius, ce fils d’un riche antiquaire qui n’a jamais connu la misère, définissait cette dernière comme étant le désespoir. Selon lui, « perdre l’espoir est la plus grande misère de l’Homme« . 

Je crois qu’il a une grande part de raison et de vérité. Nous devons maintenir l’espoir et faire que notre comportement « Ramadanien » soit celui de tous les jours, de tous les mois et des années entières.

Cultivons l’espoir et la générosité. Vulgarisons la tolérance et le sens du sacrifice en faveur des nécessiteux. Ayons une pensée constante et particulière pour ceux qui vivent privés de leur liberté, blessés dans leur honneur, bafoués dans leur dignité, humiliés dans leur fierté, menacés dans leur sécurité, contraints à l’exil ou, tout simplement, sont réduits à un statut de réfugiés, même chez eux.

Assistons ceux qui vivent dans la précarité ou se trouvent dans l’amère nécessité de s’adonner à une dégradante mendicité ou une fâcheuse et frustrante dépendance d’autrui.

Que ceux parmi nous qui amassent des fortunes, bien ou mal acquises, se rendent à l’évidence que pour leur ultime voyage, ils n’emporteront avec eux, comme seul viatique, qu’un modeste linceul et/ou un cercueil qui, le plus souvent, leur sont offerts par moins nantis qu’eux.

Bonne année à toutes et à tous !

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